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Actualités - Chronologie

Les Irakiens saisis d’une frénésie de consommation

Les Irakiens sont pris d’une frénésie de consommation depuis l’ouverture des frontières du pays devant les produits du monde entier mais les commerçants redoutent l’insécurité ambiante. Attachant un téléviseur neuf sur le toit de sa voiture, Saad Ali, 31 ans, fait partie de cette nouvelle classe d’Irakiens qui s’est précipitée, après la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003, dans les magasins pour acheter des biens autrefois interdits ou hors de prix, tels que les paraboles satellitaires, les motos ou les téléphones portables. « Mon frère vient d’être embauché comme policier et avec son salaire, nous avons pu acheter notre premier téléviseur. Vous ne pouvez pas imaginer comme je suis content », dit M. Ali, le visage rayonnant. « Après, nous voulons acheter une parabole satellitaire pour voir le monde », dit cet ancien fonctionnaire qui travaille maintenant comme chauffeur de taxi. Dans le quartier commerçant de Bagdad, les trottoirs débordent de cartons où s’entassent machines à laver, téléviseurs, paraboles et climatiseurs. Des hommes zigzaguent entre les piles pour décharger les camions pleins de produits aux marques étrangères plus ou moins connues. « La demande est très, très forte dans ma ville », explique Sata al-Saridi, 33 ans, un commerçant de Nassiriyah (300 km au sud de Bagdad), alors qu’il charge son camion de réfrigérateurs et de climatiseurs. « Sous l’ancien régime, je venais ici une fois tous les deux mois pour refaire mes stocks. Maintenant je viens toutes les semaines », affirme-t-il. Dans le chaos qui a suivi l’invasion de l’Irak par les troupes américaines, les taxes d’importation ont disparu, entraînant une forte baisse des prix. Des voitures qui coûtaient autrefois 4 500 dollars au bas mot ne valent plus aujourd’hui que 2 000 dollars, alors que les téléviseurs sont proposés à 50 dollars au lieu de 120 sous l’ancien régime. Les salaires ont suivi une courbe inverse, alors que l’économie du pays redémarre petit à petit. Bien qu’il n’existe pas pour l’instant de chiffres officiels, Michael Fleisher, vice-directeur du développement du secteur privé à l’Autorité provisoire de la coalition, a indiqué que plus d’un demi-million de voitures et autant de paraboles avaient été importées depuis mai 2003. « Avant la guerre, ma famille possédait un seul téléviseur. Maintenant, nous en avons cinq parce que nous gagnons plus d’argent », se réjouit Haïdar Kafaji, 40 ans, marchand de luminaires, qui dit aussi avoir acheté deux voitures depuis. Toutefois, la violence quotidienne et les incertitudes politiques font redouter aux commerçants un retournement de situation. Abbas Aziz, 39 ans, agent d’un géant sud-coréen de l’électronique indique que les ventes ont été multipliées par vingt depuis la fin de la guerre. Il précise, cependant, le fait de devoir louer les services de gardes pour assurer la sécurité de ses huit entrepôts à Bagdad et de son réseau de distribution dans le pays augmente les coûts. De même, en dépit d’une explosion des ventes de voitures, Maher Minjar, le copropriétaire d’une des plus grosses concessions de voitures de luxe allemandes, se dit mécontent. Selon lui, « les voitures chères ne se vendent pas bien » et de souligner qu’« à cause de l’insécurité, les gens préfèrent acheter des véhicules bon marché ».
Les Irakiens sont pris d’une frénésie de consommation depuis l’ouverture des frontières du pays devant les produits du monde entier mais les commerçants redoutent l’insécurité ambiante.
Attachant un téléviseur neuf sur le toit de sa voiture, Saad Ali, 31 ans, fait partie de cette nouvelle classe d’Irakiens qui s’est précipitée, après la chute du régime de Saddam Hussein en avril 2003, dans les magasins pour acheter des biens autrefois interdits ou hors de prix, tels que les paraboles satellitaires, les motos ou les téléphones portables.
« Mon frère vient d’être embauché comme policier et avec son salaire, nous avons pu acheter notre premier téléviseur. Vous ne pouvez pas imaginer comme je suis content », dit M. Ali, le visage rayonnant.
« Après, nous voulons acheter une parabole satellitaire pour...