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Actualités - Opinion

Les frictions au sein du pouvoir menacent la stabilité monétaire

Selon l’une des sommités des cercles financiers ou économiques, la reprise des hostilités entre camps du pouvoir au sujet du cellulaire risque de mettre en péril la monnaie nationale. Cette personnalité écoutée lance un véritable cri d’alarme : il faut impérativement mettre en branle, dans les prochains mois, le programme de privatisations débutant par la téléphonie mobile. Et réduire à tout prix le service de la dette publique (paiement des intérêts) par une sévère compression des dépenses, comme du déficit, budgétaires. L’État doit de même entamer sans tarder les réformes promises dans le cadre de Paris II. Afin de paver la voie à un Paris III. Sans quoi la livre subirait des pressions que la Banque centrale, malgré ses considérables réserves en devises fortes, ne parviendrait plus à endiguer. D’où un danger latent de dévaluation de fait, d’inflation, plongeant le pays dans une ruine consommée. Pour le moment, le monde des affaires et les marchés attendent, avec appréhension, de voir comment va évoluer la situation politique. Marquée, comme on sait, par l’échéance de la présidentielle prévue pour le début de l’automne prochain. Les professionnels craignent beaucoup que le choix ne se porte sur un homme qui n’inspire pas de confiance, ni à l’intérieur ni à l’étranger. Ils pensent que le secteur bancaire, encore à l’abri, en subirait le premier les contrecoups. Par le biais de retraits massifs de dépôts qui prendraient le chemin des places étrangères. Pour plus de sûreté, et parce que les différences en termes de taux d’intérêt, avantageant actuellement les établissements libanais, ne seraient plus assez attractives ou significatives. Ces sources soulignent que seul un président solide, inspirant donc confiance, peut pallier le lourd handicap que constitue par elle-même une conjoncture régionale toujours délicate, difficile, pour ne pas dire explosive. On sait en effet que le capital, et l’investissement, sont frileux. Et paient volontiers le prix de la tranquillité d’esprit, en fuyant les zones réputées tendues ou problématiques. L’échéance présidentielle apparaît donc comme aussi importante sur le plan économique, et partant sur le plan social, que sur le plan politique. Pour les hommes d’affaires, il s’agit de voir d’abord si les pôles du cru vont avoir leur mot à dire. Tout au moins pour guider dans le bon sens les choix des grands électeurs étrangers. Ils appellent de leurs vœux un président qui non seulement sache préserver la sécurité, mais aussi engager tambour battant le redressement économique dès son entrée en fonctions début 2005. Année cruciale à leurs yeux, dans ce sens qu’elle devrait être pour ce pays ou bien celle du renflouement ou bien celle du naufrage. L’épreuve s’annonce difficile : l’an prochain le Liban est tenu en principe de débourser d’un coup quelque 6 milliards de dollars en échéances d’intérêt, et de partie du capital, sur sa dette publique. Pour qu’il y ait possibilité d’arrangement, d’échelonnement, de moratoire ou encore pour que le pays puisse payer rubis sur ongle, il est indispensable qu’il ait à sa tête un homme à la hauteur. Et qui soit porteur d’un programme cohérent, global, de sauvetage. Sinon la livre libanaise risque de connaître le même sort que la livre turque, ou d’autres monnaies, notamment d’Amérique latine, qui ont plongé dans le rouge. Il ne serait plus possible de tenir tête aux pressions dévaluatrices du FMI, comme le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, l’a fait ces dernières années. Avec l’appui des autorités politiques. De son côté, le ministre des Finances, Fouad Siniora, rappelle que le Liban a obtenu des aides, des prêts pour alléger sa dette ou son déficit budgétaire trop accentué, sous promesse d’engager des réformes et de comprimer ses dépenses. Promesse qu’il n’a pas tenue, ce qui amène la communauté internationale à le presser de se mettre à jour. Le ministre relève que la réforme reste difficile et qu’elle implique certains sacrifices. Qu’il faut impérativement consentir pour éviter au pays un surcroît d’épreuves et de souffrances. Émile KHOURY
Selon l’une des sommités des cercles financiers ou économiques, la reprise des hostilités entre camps du pouvoir au sujet du cellulaire risque de mettre en péril la monnaie nationale. Cette personnalité écoutée lance un véritable cri d’alarme : il faut impérativement mettre en branle, dans les prochains mois, le programme de privatisations débutant par la téléphonie mobile. Et réduire à tout prix le service de la dette publique (paiement des intérêts) par une sévère compression des dépenses, comme du déficit, budgétaires. L’État doit de même entamer sans tarder les réformes promises dans le cadre de Paris II. Afin de paver la voie à un Paris III. Sans quoi la livre subirait des pressions que la Banque centrale, malgré ses considérables réserves en devises fortes, ne parviendrait plus à endiguer. D’où...