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Actualités - Chronologie

CORRESPONDANCE Black Expression : la danse noire au-delà d’Alvin Ailey

WASHINGTON-Irène MOSALLI Ils sont six danseurs noirs qui ont chorégraphié et dansé l’identité des Noirs d’Amérique, sa spécificité, sa plastique, sa sensibilité artistique et sa musicalité. Ils ont constitué une troupe nommée Black Expression qui vient de se produire à Washington. Leur performance est à l’image de leur communauté d’aujourd’hui : dynamique, déterminée et décidée à aller encore plus en avant. L’une des artistes et codirectrice de l’ensemble nous a précisé: «La danse noire a longtemps été identifiée à Alvin Ailey (1931-1980) qui lui avait donné ses lettres de noblesse à partir des années 60. Il avait mis son expérience d’homme noir dans des danses contemporaines. Sa manière de faire (une certaine technique, un certain style, une certaine musique et un certain mixage) a revalorisé notre héritage. Black Expression, c’est la nouvelle génération de chorégraphes qui projette dans ses créations ce qu’elle est aujourd’hui et son devenir. La société évolue, de même les chorégraphes.» La culture ancestrale dans le sang Sur scène, on est en présence d’une troupe vibrante qui joue magnifiquement de sa gestuelle. Les corps des interprètes se plient à tous les genres de rythmes (classique, soul, hip-hop ou pure vocalise) et à tous les styles de danse (ballet et moderne). Ils peuvent être tantôt athlétiques et tantôt éthérés, mais tendant toujours vers une grande esthétique. La conjugaison du jeu de la force et de la subtilité est illustrée par un pas de deux sur les variations vocales du groupe Cocteau Twins. La danseuse est délicate et comme scintillante; son partenaire, lui, est tout en force et en intensité. Leurs mouvements, d’abord lentement entrelacés, se font ensuite plus rapides pour esquisser une relation formelle et émotionnelle. « Pas moins noir » est une méditation chorégraphique postmoderne, ponctuée par un poème et disant l’âme noire à la fin du XXe siècle. Ici, tout est exprimé en courbes, aussi sinueuses que la tristesse, et en rebonds de refus. Avec une tentative d’occulter les déchirures, en référence à ceux qui les ont subies. Il y avait aussi « Le choc des musiques » (la classique confrontant la très moderne). « La déesse soumise» remonte aux racines africaines. «Pa-Shen», c’est la passion qui brûle, en cinq parties, une douzaine de danseurs et de danseuses. «Ferveur et impétuosité» évoque le couple à travers la performance de six couples. L’aspect « Joie » de la passion éclate avec «I Feel Pretty», (tiré de «West Side Story». Mais aussi il n’y a pas d’embrasement sans «Souffrance» et sans «Prière». En bref, tout ce qui bouillonne dans l’âme, l’esprit et le corps des danseurs et autres artistes de couleur, qui conservent dans leur sang des traces de leur culture ancestrale.
WASHINGTON-Irène MOSALLI
Ils sont six danseurs noirs qui ont chorégraphié et dansé l’identité des Noirs d’Amérique, sa spécificité, sa plastique, sa sensibilité artistique et sa musicalité. Ils ont constitué une troupe nommée Black Expression qui vient de se produire à Washington. Leur performance est à l’image de leur communauté d’aujourd’hui : dynamique, déterminée et décidée à aller encore plus en avant. L’une des artistes et codirectrice de l’ensemble nous a précisé: «La danse noire a longtemps été identifiée à Alvin Ailey (1931-1980) qui lui avait donné ses lettres de noblesse à partir des années 60. Il avait mis son expérience d’homme noir dans des danses contemporaines. Sa manière de faire (une certaine technique, un certain style, une certaine musique et un certain mixage) a...