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Dirani demande réparation à Israël pour mauvais traitements et sévices sexuels

Menotté, les pieds entravés par des chaînes et s’appuyant sur une canne, Moustapha Dirani – l’ancien cadre d’Amal enlevé il y a 10 ans au Liban – a témoigné hier devant un tribunal de Tel-Aviv sur les sévices corporels et sexuels qu’il dit avoir subis lors de son interrogatoire. Son avocat, Tzvi Rich, ayant dû batailler ferme pour que sa déposition soit enregistrée devant un tribunal israélien peu avant sa libération, fixée à demain jeudi dans le cadre d’un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah. Il demande pour son client des réparations d’un montant de six millions de shekels (plus de 1,3 million de dollars). Flanqué de deux policiers qui l’ont aidé à se hisser sur un haut tabouret dans la minuscule salle d’audience au quatrième étage du tribunal, Moustapha Dirani, une épaisse barbe noire accentuant les traits fermés de son visage, a fait en arabe, assisté d’un traducteur, un récit cauchemardesque des premiers jours de son interrogatoire par des enquêteurs israéliens. Il parlait en public pour la première fois depuis le début de sa captivité. Il avait été enlevé au Liban-Sud le 21 mai 1994 pour servir de monnaie d’échange contre des informations sur le sort de l’aviateur israélien Ron Arad, capturé lors d’un raid au Liban en 1986. Il a assuré hier ne rien savoir du sort du navigateur, affirmant que celui-ci n’avait passé qu’une nuit dans sa maison, après le crash de son appareil, ce qui a été prouvé, selon lui, lors de quatre séances au détecteur de mensonge. « Je l’ai bien traité », a-t-il dit. Il a aussi nié avoir remis Ron Arad à l’Iran. « J’espère qu’il pourra bientôt retourner chez lui sain et sauf », a-t-il assuré. Mais l’essentiel de sa déposition a porté sur son traitement en Israël. « L’interrogatoire a commencé tout de suite après mon arrivée. J’ai été d’abord photographié nu, puis on m’a rasé le crâne. Six enquêteurs se relayaient, deux par deux. J’étais menotté, assis sur une chaise, les mains derrière le dos ou à genoux. Parfois, on me jetait dans un cachot. Aspergé d’eau chaude, puis d’eau froide, on me plaçait devant un climatiseur », raconte-t-il. L’interrogatoire est mené par un dénommé Georges, que Moustapha Dirani décrit comme un tortionnaire sadique et brutal, et dont la photo, qu’il a identifiée, sera enregistrée comme pièce à conviction. Un jour, le dénommé Georges entre dans la salle d’interrogatoires avec d’autres militaires, dont un répond au nom de « Kojak ». Il est décrit comme étant brun, les cheveux courts, mesurant 1,80m et ayant un tatouage au bras gauche. « Ils m’ont saisi, menotté, les pieds entravés par des chaînes, et couché sur un banc sur le ventre. Affaibli, je n’ai rien pu faire. J’ai été violé », raconte Dirani, encouragé par son avocat à surmonter sa gêne et à prononcer les mots crûment. Une deuxième scène de viol au moyen d’une matraque de police s’est, d’après lui, déroulée quelques jours plus tard. « J’ai failli mourir de douleur. J’ai saigné abondamment et prié Dieu de me donner la mort », dit-il. « On me forçait à boire et à avaler des purgatifs pour que j’urine et fasse sous moi mes excréments », poursuit Dirani. Il dit n’avoir été vêtu que d’une couche-culotte durant des jours, sans possibilité de se laver. « Je n’ai vu la lumière du jour que quatre mois plus tard. Dans une cour où l’on me sortait deux heures par jour de mon cachot ». Dans des déclarations à la radio militaire israélienne, également recueillies par l’AFP, Shlomo Tzipori, l’avocat de l’officier israélien répondant au nom de Georges, aujourd’hui à la retraite, a qualifié de pure invention les accusations de Dirani. Selon lui, il a fourni des renseignements à ses enquêteurs sur le Hezbollah et cherche seulement à se doter d’une « police d’assurance » à la veille de son retour au Liban.
Menotté, les pieds entravés par des chaînes et s’appuyant sur une canne, Moustapha Dirani – l’ancien cadre d’Amal enlevé il y a 10 ans au Liban – a témoigné hier devant un tribunal de Tel-Aviv sur les sévices corporels et sexuels qu’il dit avoir subis lors de son interrogatoire. Son avocat, Tzvi Rich, ayant dû batailler ferme pour que sa déposition soit enregistrée devant un tribunal israélien peu avant sa libération, fixée à demain jeudi dans le cadre d’un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah. Il demande pour son client des réparations d’un montant de six millions de shekels (plus de 1,3 million de dollars).
Flanqué de deux policiers qui l’ont aidé à se hisser sur un haut tabouret dans la minuscule salle d’audience au quatrième étage du tribunal, Moustapha Dirani, une épaisse...