La loi sur le voile :
interprétations et divisions
le 22 janvier 2004 à 00h00
L’interdiction de porter le voile musulman à l’école envisagée par le gouvernement français se heurte à des difficultés d’interprétation et semble propre à diviser la majorité du président Jacques Chirac.
Devant des députés, deux ministres se sont lancés mardi dans des explications subtiles pour tenter de mieux définir ce qui pouvait constituer les signes religieux que la loi envisagée veut bannir à l’école publique. Le projet de loi devrait être présenté le 28 janvier en Conseil des ministres.
L’un des ministres, Luc Ferry, en charge de l’Éducation, a même indiqué que dans certaines circonstances un foulard de type bandana ou un système pileux développé – les cheveux longs des sikhs ou la barbe des musulmans – pourraient être considérés comme des signes religieux.
Le texte proposé, a-t-il souligné, « inclut non seulement les signes religieux déjà répertoriés, mais éventuellement d’autres signes qui pourraient émerger de la part de personnes qui auraient la très mauvaise idée de vouloir contourner la loi ». « Le bandana, s’il est présenté par les jeunes filles comme un signe religieux, sera interdit », a-t-il ajouté. Mais au-delà des débats sémantiques, « l’affaire du voile », comme l’appelle la presse, semble propre a créer des tensions au sein même du parti du président Chirac.
Un ancien Premier ministre, Édouard Balladur, se dit ouvertement « très hésitant », une autre tête de file de la droite libérale, Alain Madelin, y est tout bonnement hostile, et même le vice-président à l’Assemblée nationale du groupe UMP, Claude Goasguen, prône... l’abstention.
Le gouvernement doit se défendre dorénavant de chercher à limiter la liberté religieuse de la communauté musulmane en France, la plus importante d’Europe avec quelque cinq millions de fidèles. Mais il doit également tenir compte de la stratégie de provocation menée par les fondamentalistes qui voient dans cette communauté un terreau favorable à leur prosélytisme.
« La tentative des fondamentalistes pour arracher le droit de porter le foulard islamique dans les établissements scolaires publics ou pour imposer le respect de leurs normes religieuses dans les hôpitaux », écrivait hier l’analyste Alain Duhamel dans le quotidien de gauche Libération, « se situe à contre-courant de l’évolution globale d’une société française qui est peut-être la plus sécularisée des sociétés occidentales ».
L’interdiction de porter le voile musulman à l’école envisagée par le gouvernement français se heurte à des difficultés d’interprétation et semble propre à diviser la majorité du président Jacques Chirac.
Devant des députés, deux ministres se sont lancés mardi dans des explications subtiles pour tenter de mieux définir ce qui pouvait constituer les signes religieux que la loi envisagée veut bannir à l’école publique. Le projet de loi devrait être présenté le 28 janvier en Conseil des ministres.
L’un des ministres, Luc Ferry, en charge de l’Éducation, a même indiqué que dans certaines circonstances un foulard de type bandana ou un système pileux développé – les cheveux longs des sikhs ou la barbe des musulmans – pourraient être considérés comme des signes religieux.
Le texte proposé, a-t-il...
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