Même travail avec moins de risques et un salaire multiplié par trois : alors que la plupart des soldats américains engagés en Irak ne rêvent que de rentrer chez eux, d’autres prévoient déjà d’y retourner pour y faire des affaires bien plus lucratives dans le privé. « Je suis en train de me dire que je vais peut-être revenir ici pour travailler dans une société de sécurité privée », avoue un soldat de la 4e division d’infanterie basée à Tikrit, au nord de Bagdad, qui ne souhaite être identifié que sous le prénom de Dave. « C’est l’occasion de se faire pas mal d’argent en utilisant l’expérience acquise pendant la guerre », explique ce soldat, à quelques jours de son retour aux États-Unis, après 10 mois passés au pays des deux fleuves.
Alors que la première relève des troupes approche, l’idée a germé dans la tête de certains soldats de faire fructifier en Irak leur expérience déjà acquise sur le terrain, tout en se libérant des obligations militaires.
« La raison première, c’est que l’on peut se faire un bon paquet d’argent. Mais on est aussi beaucoup plus tranquille parce qu’on sait qu’on peut toujours revenir chez soi si les affaires ne marchent pas », poursuit Dave, un réserviste de 26 ans, qui sert dans l’armée depuis huit ans.
Il a déjà prospecté auprès de grands groupes privés de sécurité tels que Global Security ou Sandline et, selon lui, il pourrait gagner jusqu’à 100 000 dollars bruts par an, soit presque trois fois sa solde ou son salaire d’officier de police dans l’Ohio.
L’Irak est devenu depuis la guerre une manne pour les sociétés privées spécialisées dans la sécurité.
Selon des chiffres fournis par les Américains, 30 des 87 milliards de dollars impartis à l’opération Enduring Freedom – qui concerne l’Irak et une partie de l’Asie – ont été affectés à des contrats donnés à des compagnies privées. Une somme qui représente le double de celle ayant été allouée à la reconstruction de l’Irak.
Pour la myriade d’entreprises privées opérant en Irak, les ex-soldats représentent des recrues rêvées, entraînés à la dure et financièrement moins exigeants que la main-d’œuvre venant du privé, précise le supérieur de M. Gretton, le capitaine Nathan Saul, officier de transmission. « Si vous embauchez quelqu’un sortant du MIT (Massachusetts Institute of Technology, grande école américaine, ndlr), il sera peut-être très qualifié mais il n’est pas sûr qu’il orientera les antennes à 140 degrés comme vous le lui demandez. Si vous embauchez un soldat, vous savez qu’il sera discipliné et qu’il n’aura pas peur de se salir les mains », ajoute-t-il.
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Alors que la première relève des troupes approche, l’idée...