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Actualités - Chronologie

Le cauchemar du charnier d’al-Kifl réveille Abbas Saleh, dix ans après

Il y a dix ans, un homme tentait d’effacer de sa mémoire la découverte, près de sa maison, de corps humains, enterrés plusieurs années auparavant. Mais ce souvenir ayant brusquement ressurgi en janvier, il a creusé et a retrouvé les restes d’une quarantaine de corps. La découverte macabre était si profondément enfouie dans sa mémoire qu’elle a mis presque un an après la chute du président irakien Saddam Hussein pour lui revenir à l’esprit. Sous le régime dictatorial du « raïs », en parler à quelqu’un aurait été suicidaire. « Ça m’est revenu dans un cauchemar, il y a un mois. J’ai vu des fantômes (...) qui me disaient : “Pourquoi nous as-tu oubliés ?” Ça m’a réveillé en sursaut », raconte Abbas Saleh, 50 ans, se rappelant l’événement survenu en 1994 dans son village d’al-Kifl, localité chiite située à 100 km au sud de Bagdad. « Je me souviens qu’un entrepreneur était venu me voir pour me dire qu’il avait trouvé une quarantaine de corps dans sa carrière de silice. Sa voix tremblait. Il m’a dit qu’avec son bulldozer, il avait creusé une tranchée pour les enterrer à nouveau. Il a ensuite laissé la carrière à l’abandon et a disparu de la région », poursuit M. Saleh. M. Saleh a commencé à creuser dans l’ancienne carrière peu après avoir eu ce cauchemar et il est finalement tombé sur un premier os humain jeudi. Vendredi, plusieurs jeunes du village l’ont aidé et, hier, une quarantaine de squelettes avaient été déterrés. D’autres restent encore à découvrir, au milieu des lambeaux de vêtements. Un responsable religieux, cheikh Haytham Issaoui, assure qu’il s’agissait « de familles exécutées en 1991 » lors de la répression de la grande révolte chiite d’après la guerre du Golfe. Cheikh Issaoui s’en prend à ceux qui ont soutenu Saddam Hussein dans les pays arabes : « Comment peuvent-ils prendre sa défense, ne voient-ils pas ce qu’ils nous a fait ? » Pour cheikh Abdel Hussein Aaraji, « Saddam était pire qu’al-Hajjaj », le gouverneur sanguinaire qui dirigea la province d’Irak au VIIIe siècle.
Il y a dix ans, un homme tentait d’effacer de sa mémoire la découverte, près de sa maison, de corps humains, enterrés plusieurs années auparavant. Mais ce souvenir ayant brusquement ressurgi en janvier, il a creusé et a retrouvé les restes d’une quarantaine de corps.
La découverte macabre était si profondément enfouie dans sa mémoire qu’elle a mis presque un an après la chute du président irakien Saddam Hussein pour lui revenir à l’esprit. Sous le régime dictatorial du « raïs », en parler à quelqu’un aurait été suicidaire.
« Ça m’est revenu dans un cauchemar, il y a un mois. J’ai vu des fantômes (...) qui me disaient : “Pourquoi nous as-tu oubliés ?” Ça m’a réveillé en sursaut », raconte Abbas Saleh, 50 ans, se rappelant l’événement survenu en 1994 dans son village d’al-Kifl,...