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Actualités - Chronologie

La prime pour se réengager laisse froids les soldats américains

Des soldats américains en Irak sont prêts à se réengager parce qu’ils aiment la vie militaire ou veulent partir parce qu’ils n’en peuvent plus, mais à leurs yeux la prime de 10 000 dollars promise à ceux qui acceptent de prolonger leur service n’y change rien. « Pas même un million de dollars » ne suffirait à convaincre le caporal Will Tate de prolonger son engagement de quatre ans, qui s’achève en juillet, déclare ce sous-officier en brûlant des détritus sur une falaise au-dessus du Tigre près de sa base de Tikrit, à 180 km au nord de Bagdad, fief du président irakien déchu Saddam Hussein. « Je n’ai pas vu ma famille en un an et demi », souligne le soldat de la 4e division d’infanterie, estimant que sa future carrière dans le maintien de l’ordre en Arkansas (Sud) lui permettra de « progresser beaucoup plus vite et davantage » que s’il restait dans l’armée. Le lieutenant Colin Crow, de Louisiane (Sud-Est), estime que la prime pourrait tenter certains soldats, mais que pour la plupart d’entre eux, « ce qui compte ce n’est pas l’argent, mais les gars avec qui vous servez et le travail que vous faites ». L’armée américaine a décidé d’offrir des primes pouvant aller jusqu’à 10 000 dollars aux soldats en Irak, au Koweït ou en Afghanistan qui accepteraient de se rengager, le montant fixé dépendant notamment de la spécialité du militaire, de son grade et de la durée pour laquelle il décide de prolonger son engagement dans l’armée. Cette mesure vise à prolonger le service de milliers de militaires actuellement déployés, alors qu’une importante rotation des troupes américaines qui doit permettre de remplacer d’ici à mai la quasi-totalité des quelque 125 000 militaires en Irak a commencé mercredi. Cette relève concerne la 4e division d’infanterie. Le soldat de première classe David Quinte, du Texas (Sud), estime que la prime pourrait encourager « les soldats indécis à se réengager ». « Mais si j’avais quelque chose de mieux de prévu dans le secteur privé, je ne le ferais probablement pas », dit-il, assis dans son Humvee sur la base américaine installée dans le palais de Saddam Hussein. Au centre de formation militaire de Kirsch, près de la frontière avec l’Iran, où une poignée de soldats de la 4e division d’infanterie participent à l’entraînement de la nouvelle armée irakienne, le commandant Richard Caya a confié qu’il préférait être avec sa famille. « Pour moi, c’est personnel. J’ai besoin de passer du temps avec ma femme et voir grandir mes enfants », a-t-il expliqué. Quelques soldats à Tikrit affirment néanmoins que la prime pourrait les inciter à rester dans un pays où plus de 200 de leurs frères d’armes ont été tués dans des attaques de la guérilla depuis l’annonce par le président George W. Bush de la fin des opérations majeures en Irak, le 1er mai 2003. « Cela m’intéresserait », déclare le soldat Mai Truong, 24 ans, du Texas, en soulevant des poids dans la salle de musculation improvisée du 1er bataillon du 22e régiment, ajoutant toutefois : « Mais je devrais en parler à ma femme. »

Des soldats américains en Irak sont prêts à se réengager parce qu’ils aiment la vie militaire ou veulent partir parce qu’ils n’en peuvent plus, mais à leurs yeux la prime de 10 000 dollars promise à ceux qui acceptent de prolonger leur service n’y change rien.
« Pas même un million de dollars » ne suffirait à convaincre le caporal Will Tate de prolonger son engagement de quatre ans, qui s’achève en juillet, déclare ce sous-officier en brûlant des détritus sur une falaise au-dessus du Tigre près de sa base de Tikrit, à 180 km au nord de Bagdad, fief du président irakien déchu Saddam Hussein.
« Je n’ai pas vu ma famille en un an et demi », souligne le soldat de la 4e division d’infanterie, estimant que sa future carrière dans le maintien de l’ordre en Arkansas (Sud) lui permettra de « progresser...