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Actualités - Opinion

La Géorgie en quête d’identité

La Géorgie revendique une nouvelle identité, alors que, dans l’esprit de tout observateur, le lien avec la Russie s’impose dès que l’on pense à cette ancienne république soviétique. Le nouveau président, fort d’un score exceptionnel (plus de 95 % des suffrages) qui n’est pas sans rappeler l’issue des scrutins sous les régimes communistes, a entamé une réforme cruciale. Avant de commencer par la corruption, le système politique ou l’économie, il a créé la surprise en optant pour une innovation identitaire. Depuis trois jours déjà, et dans chaque entretien accordé aux médias, le « révolutionnaire de la rose », comme on l’appelle désormais, insiste sur l’identité européenne de son pays. Il a adressé un premier message, d’abord à la Russie qui tient à son rôle de centre de gravité de la région. Puis un second aux États-Unis qui, toujours méfiants à l’égard des ambitions russes dans une zone riche en ressources énergétiques, ont naturellement soutenu le mouvement de contestation populaire mené par Michael Saakachvili. Le plus jeune président du monde a ainsi réussi une manœuvre exceptionnelle. Pour l’instant, ce bon élève du « renard du Caucase » semble appliquer les méthodes rusées de son ancien mentor. Cependant, les termes-clés de ce nouvel enjeu ont été définis par Cheverdnadze lui-même. Alors qu’il déposait, dimanche dernier, son bulletin de vote dans une urne à Tbilissi, il a appelé son disciple rebelle à parler moins et à se mettre au travail. Le maître met encore une fois son disciple à l’épreuve, après que ce dernier eut passé avec succès son premier test : chasser Cheverdnadze du pouvoir. Prochain test extrêmement difficile pour Michael Saakachvili qui, à 36 ans seulement, place très haut la barre de ses ambitions pour une nouvelle Géorgie : se débarrasser de l’influence naturelle du « Grand frère » russe ; se positionner hors des ambitions stratégico-énergétiques américaines en se déclarant de l’Europe et pour l’Europe ; enfin, concrétiser le désir de son pays d’intégrer, à terme, l’Union européenne. Se vouloir membre de la nouvelle Europe est d’abord, il est vrai, un sentiment d’appartenance identitaire dont M. Saakachvili confirme l’existence chez ses concitoyens. En revanche, remplir les conditions d’intégration nécessite un travail qui dépasse en importance les simples slogans de campagne. Le jeune président n’a plus qu’à mettre en œuvre ses promesses : lutter contre la corruption et les oligarques, réformer une économie vieillissante, en un mot régler tous les problèmes de la Géorgie moderne. Des défis qui requerront de M. Saakachvili une endurance à toute épreuve. Bachir el-Khoury
La Géorgie revendique une nouvelle identité, alors que, dans l’esprit de tout observateur, le lien avec la Russie s’impose dès que l’on pense à cette ancienne république soviétique. Le nouveau président, fort d’un score exceptionnel (plus de 95 % des suffrages) qui n’est pas sans rappeler l’issue des scrutins sous les régimes communistes, a entamé une réforme cruciale. Avant de commencer par la corruption, le système politique ou l’économie, il a créé la surprise en optant pour une innovation identitaire. Depuis trois jours déjà, et dans chaque entretien accordé aux médias, le « révolutionnaire de la rose », comme on l’appelle désormais, insiste sur l’identité européenne de son pays.
Il a adressé un premier message, d’abord à la Russie qui tient à son rôle de centre de gravité de la...