Et, contrairement à tous ceux qui espéraient que cet objectif atteint l’Allemand penserait à la retraite, il n’en sera rien. Michael Schumacher poursuivra bien sa carrière avec pour but suprême une septième couronne.
Détenteur de tous les records, excepté celui des poles, toujours la propriété du regretté Brésilien Ayrton Senna dont on fêtera le dixième anniversaire du tragique décès le 1er mai prochain, Schumacher n’est toujours pas rassasié.
Une victoire, plus encore un titre, lui procure un plaisir aussi vif, aussi intense que la première fois.
Mieux même, l’Allemand puise sa force, sa motivation dans la difficulté. Plus la concurrence est vive, plus il ressent une immense satisfaction à l’emporter, à dominer. Cette année lui aura ainsi apporté son lot de tristesse, de malheur, de doute, d’inquiétude avant la délivrance, dans la douleur d’une huitième place à Suzuka, au Japon.
L’unanimité du 20 avril
En arrivant à Imola le 17 avril pour le Grand Prix de Saint-Marin, la quatrième course de la saison, Michael Schumacher et Ferrari étaient encore bredouilles. Pas une victoire à leur actif, tout juste un petit podium pour le Brésilien Rubens Barrichello en Malaisie. Le maigre bilan ne pouvait être du goût de la Scuderia et du pilote allemand, après la domination sans partage exercée l’année précédente.
Dos au mur, face à un public toujours prompt à brûler ceux qu’il a adorés, Michael Schumacher allait également faire face à un drame familial. Avec son frère Ralf (Williams-BMW), le pilote de la Scuderia devait affronter la mort d’Élizabeth Schumacher, leur mère.
Le futur sextuple champion du monde mettra un point d’honneur à réaliser la pole, Ralf à se placer aux côtés de son frère en première ligne. Avant de s’envoler tous deux pour l’hôpital universitaire de Cologne au chevet de leur mère et de rentrer le soir même à Imola.
En arrivant au circuit le dimanche matin, ils avaient appris le décès de celle qu’ils chérissaient. Barre noire sur le casque de Ralf, brassard au bras droit pour Michael, chacun portait le deuil à sa façon. Mais, sur la piste, visière du casque baissée, le chagrin était mis entre parenthèses.
Jamais peut-être Michael Schumacher n’était parvenu à faire l’unanimité comme ce dimanche 20 avril. Vainqueur, ému, au bord des larmes, l’Allemand trônait sur la plus haute marche du podium. Et tous, fans ou détracteurs, ressentaient une incroyable admiration, un grand respect, pour le courage, la force mentale, manifestés en ce jour funeste.
Livre des records
Un été pourri succédait alors à quatre victoires. Jusqu’à l’humiliation de la Hongrie, ce tour concédé au plus jeune vainqueur de l’histoire, l’Espagnol Fernando Alonso (Renault). Ferrari et Michael Schumacher touchaient le fond. Mais la Scuderia et l’Allemand ne sont jamais aussi redoutables que dans l’adversité.
Comme en début de saison, le retour sur la terre d’Italie devait marquer le réveil, le retour au premier plan. Succès à Monza, puis à Indianapolis, Michael Schumacher arrivait au Japon pour l’ultime affrontement en position de force face au Finlandais Kimi Raikkonen (McLaren-Mercedes), son seul rival en cette finale.
Il suffisait d’un petit point pour que l’Allemand assure son sixième titre. Mais il était dit que rien ne serait facile en cette saison 2003. Des qualifications perturbées par une averse et le pilote Ferrari se voyait relégué en quatorzième position sur la grille.
Un accrochage avec le Japonais Takuma Sato (BAR-Honda) lui compliquait un peu plus la tâche tandis que, devant, le Finlandais bataillait avec l’autre Ferrari, celle de Rubens Barrichello. Une victoire du Brésilien suffisait. Mais Michael Schumacher ne voulait compter que sur lui-même, arrachant finalement ce point synonyme de titre.
Bières, gros cigare, le sextuple champion du monde s’accordait une pause en ce dimanche de Suzuka, puis quelques vacances méritées. Désormais, un autre challenge l’attend, l’obtention d’un septième titre pour étoffer un peu plus son livre des records.

