AIME-MOI, JE T’AIME. L’effroyable saga de l’année : Émile Lahoud-Rafic Hariri. L’un déteste les déménagements, l’autre privilégie l’indigestion (stratégique) de couleuvres. Et plus de trois millions de Libanais transformés en autant de conseillers conjugaux. BELLES AU BOIS DORMANT. Les 128 députés, tous ou presque anesthésiés, hypnotisés, déguisés en hommes de loi... Pire qu’en 2002 ! CODÉINE. Les drogués utilisent ce produit de substitution aux vertus désintoxicantes pour se déshabituer de leur came. La seule bonne idée de Kornet Chehwane en 2003 : les Libanais attendent désormais ce « pouvoir de substitution » qui les déshabituera... CONSTANTES. nationales. Ce leitmotiv a été jeté toutes les deux minutes, en 2003, aux tympans des poids lourds étrangers : Colin Powell, Dominique de Villepin, Javier Solana et les autres DINDONNEAUX. Qui ? Les Libanais, comme d’habitude, privés d’enseignement, de soins médicaux, d’État, même. Mais ils ne sont pas morts : ils dorment. EDMOND RABBATH. Il n’est pas près de s’arrêter de sautiller dans sa tombe. De rage. La Constitution a tellement été violée en 2003, elle le sera tellement en 2004... FREUDISMES. George W. qui veut tuer le père, être l’élu de Dieu, Saddam qui veut posséder la mère, être le père suprême : c’était le 26 mars dans L’Orient-Le Jour... GÉO TROUVETOU. Salah Honein, visionnaire ou utopique ? Les propositions de loi pour déconfessionnaliser le pays et permettre la réouverture de la MTV, c’était lui. Idem pour l’équation mathématique suivante : renouvellement du mandat présidentiel = violation de la Constitution. En plus, il l’a prouvé. HERBERT VON KARAJAN. Le chef d’orchestre le plus habile de 2003 ? Nabih Berry. Le seul patron du Législatif au monde, véritable Speedy Gonzales dès qu’il s’agit de gérer les affaires de l’Exécutif. INUTILES. Les Trente. Quand les deux présidents ont les cœurs lavés, les ministres de la République sont priés de se taire. Quand les deux hommes se haissent, pour garder la chèvre et le chou, les ministres se taisent. Sinon, ils jouent à Catch Me If You Can. JLC. Le ministre des Télécommunications, évoqué un temps parmi les présidentiables 2004, a défendu, mieux qu’une tigresse avec ses bébés, le secteur de la téléphonie mobile. Trop ? KYSTES. La rupture avec les hôpitaux privés risque d’être, fin 2003-début 2004, le plus grand chef-d’œuvre de sottise. La sottise de l’État. Évidemment. L’ANNÉE PROCHAINE SI TOUT VA BIEN. Le redéploiement syrien a été ébauché le 20 février puis recommencé le 21 juin. À ce rythme, on y sera encore en 2050. MÉPHISTOPHÉLÈS, LE RETOUR. Encore une ânerie suprême des autorités : la campagne de désatanisation. Idéale pour faire grossir les files d’attente de jeunes aux guichets des ambassades. NÉCESSAIRE. Fouad Boutros : « Le Liban est à mi-chemin entre un État réel et un État virtuel », a dit le sage à L’Orient-Le Jour. C’était en avril. Aujourd’hui, c’est vers un État en 3D qu’il se dirige, le Liban... NÉCESSAIRE. Nasrallah Boutros Sfeir. Sa tournée européenne a prouvé qu’il est, par intérim, le leader fort qui manque au pays. OVNI. L’homme de l’année s’appelle Jihad Samad. « Le Liban va se mettre à regretter le temps où les Ottomans l’occupaient », a asséné le député du Nord. En plein hémicycle. Comprenne qui voudra. Ou pourra. PERQUISITIONS. C’est le mot utilisé par un autre député, Nicolas Fattouche, pour évoquer les innombrables visites surprise du chef de l’État, là où l’État est censé travailler. Il ne parlait pas, bien sûr, de l’inauguration, couleur chrysanthèmes, de l’ABC d’Achrafieh. QUELQUE CHOSE EN LUI DE TENNESSEE. Fouad Siniora pleurant à la télé aux côtés de cette famille que le Père Noël oublie chaque année. Et Fouad Siniora suppliant les députés d’améliorer le budget 2004. Un rappel : Fouad Siniora est le ministre des Finances. RECONDUCTION. No comment ? Mais personne n’en veut. No comment ! SCHIZOPHRÉNIE. Beyrouth rabat les oreilles de tous avec ses appels au respect des résolutions onusiennes. Sauf quand il s’agit de celles qui concernent le Liban. Comme l’envoi de l’armée au Sud. SALSA. Les Libanais n’ont pas besoin des Américains pour essayer de recouvrer leur souveraineté, mise à mal chaque jour par la tutelle syrienne. Il suffit qu’ils se réveillent. Ensemble. TÉLÉ-ACHAT. Attentat contre la Future TV. La NTV muselée pendant 50 heures. La MTV toujours prohibée. Quatrième pouvoir ? Non. Cible idéale. Le pouvoir en place est un fossoyeur. UNIVERSITÉS. La libanaise est exsangue. Vidée. Vampirisée par un gouvernement incapable. Et en 2003, Sélim Abou a quitté l’USJ. Il manquera. VICE-ROIS. En 2003, Ghazi Kanaan puis Rustom Ghazalé ont fait un excellent travail. Qu’ils en soient, ici, remerciés. Mais que celui qui le leur a demandé lève le doigt. WINNIE L’OURSON. Comme une peluche entre des mains étrangères, damascènes, persanes, le Hezbollah, avec les diplomates US, puis avec l’ennemi derrière la ligne bleue, a fait de l’excès de zèle. Bien malvenu en ces temps troubles. XÉNOPHOBIE. Si les 15 ouvriers qui avaient péri en décembre dans l’incendie de leur usine avaient été Libanais ou Occidentaux, la tragédie aurait-elle mobilisé plus d’âmes ? YOYO. Outrancier certes, mais très bon dès qu’il s’agit de lutter contre la drogue ou l’insécurité, Élias Murr saura-t-il devenir un homme politique ? Les municipales de 2004 seraient, pour lui, une chance en or. Qu’il la saisisse. ZSA ZSA GABOR. Rana Koleilate est une diva. Christine Deviers-Joncour devrait lui donner l’adresse de son bottier. Elle a été le centre de gravité du scandale le plus gros et le plus obscur de l’année : al-Madina. Qu’elle aille au Brésil. Qu’elle écrive ses mémoires.
Ziyad MAKHOUL
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