Grayson Perry, un artiste de 43 ans, qui a pour habitude de se travestir en femme lors de ses apparitions publiques, a notamment été récompensé pour une série de vases en céramique d’apparence classique mais représentant, vus de plus près, des thèmes violents, souvent liés à l’enfance.
L’une de ces poteries, intitulée We’ve Found the Body of your Child (Nous avons trouvé le corps de votre enfant), représente notamment des scènes de vie familiales dénonçant la violence domestique, le type de violence dont souffrent principalement les enfants, selon l’artiste.
Aux murs de la Tate Britain, la galerie londonienne qui exposait depuis octobre les œuvres des cinq artistes nominés, était également accrochée une robe jaune pastel, l’une de celles qu’enfile l’artiste lorsqu’il se travestit en Claire, son alter ego féminin.
« Il était temps qu’un potier travesti remporte le Turner Prize », avait déclaré Grayson Perry, vêtu d’une robe de petite fille, en recevant son prix.
Le Turner Prize, doté de 20 000 livres (28 571 euros), est ouvert depuis 20 ans aux artistes contemporains britanniques de moins de 50 ans. Il est attribué par un jury international qui se penche sur l’ensemble de l’œuvre des artistes nominés au cours de l’année écoulée.
Pour l’édition 2003, Grayson Perry était en lice face à quatre autres artistes, les frères Chapman, Willie Doherty et Anya Gallaccio. Jake et Dinos Chapman, largement donnés vainqueurs par la presse et les bookmakers londoniens, ont notamment réalisé une sculpture en bronze intitulée Death (Mort) et représentant deux poupées gonflables nues, disposées de manière sexuellement explicite sur un matelas pneumatique bleu agressif.
Ces artistes phares de l’art contemporain britannique avaient également fait couler beaucoup d’encre avec leur réinterprétation de l’œuvre de Goya, retouchant une série de dessins de l’artiste espagnol, intitulée Désastres de la guerre, avec des visages de clowns monstrueux.
Willie Doherty avait de son côté réalisé une installation vidéo, intitulée Re-Run (Rediffusion), illustrant le thème des conflits : placé entre deux écrans de cinéma, le visiteur voit d’un côté un homme courir vers lui, et de l’autre le même homme s’enfuir. Anya Gallaccio, 40 ans, avait notamment présenté un assemblage de fleurs d’un rouge éclatant, assemblage en décomposition avancée dimanche lors de la remise du prix, symbole du cycle de la vie.


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