« La solution ne viendra pas du mercato. Alain Perrin ne prendra pas de recul. À part Fabien Barthez, il n’y a pas d’arrivée programmée dans l’équipe professionnelle », a clairement affirmé le président du club marseillais Christophe Bouchet.
Au milieu de la tempête née d’un automne cauchemardesque pour le plus titré des clubs français, il refuse d’envisager le limogeage d’un entraîneur voué aux gémonies par la vindicte populaire.
« On n’est ni aveugle ni sourd. Alain Perrin se reconnaît une part de responsabilité, tout comme les joueurs et le président. Il n’y a pas de responsable unique. Tout changer ne rime à rien », a-t-il poursuivi.
« Le groupe est sain, mais il manque de l’envie et de la rage. C’est un ressort qui n’est pas facile à trouver. On sent pourtant qu’il pourrait facilement y avoir un supplément d’âme », a-t-il encore dit.
En excluant une solution extérieure, Bouchet privilégie donc la solution interne. « La répartition des rôles peut avoir son importance dans le staff », a-t-il concédé sans plus de précisions.
Dans les coulisses du club, on évoque ainsi la nomination de José Anigo, l’entraîneur de l’équipe de CFA, à un poste d’adjoint.
Reconnu pour son fort charisme, il s’est d’ailleurs longuement entretenu avec Perrin, vendredi, dans un bureau discret du centre d’entraînement de la Commanderie.
Un début d’année 2004
déterminant
Cette solution aurait le mérite de donner le temps de la réflexion au président de l’OM, qui attend le début du mois de février pour se faire une « juste idée » des capacités phocéennes cette saison.
« On n’est plus dans le bon wagon du championnat de France, mais on peut y ressauter très vite. Ces cinq premières semaines de l’année seront la clef de tout. On y verra alors plus clair, notamment lorsque nous aurons disputé nos deux matchs de retard », a expliqué Bouchet.
Pour l’instant, l’objectif du club demeure inchangé avec une place dans les trois premiers du championnat. Le dirigeant de l’OM ne reconnaît d’ailleurs d’autre échec que celui lié à l’élimination en Ligue des champions.
« Il est encore trop tôt pour parler d’échec en championnat, même si perdre contre tous nos principaux rivaux est déjà en soi un revers », a-t-il ajouté.
Une défense « sans cesse remaniée » et une incapacité du milieu de terrain à « alimenter » ses attaquants sont, aux yeux du président, les principales raisons des carences d’un OM qui a négocié « au plus mal » les deux derniers mois de l’année.
« De petits détails aussi, comme à Bordeaux et contre le PSG, qui ont pesé lourd dans les jambes. Perdre contre Monaco n’a en revanche rien de déshonorant », a-t-il précisé.
À la trêve, le club marseillais présente cependant un bilan comptable guère flatteur pour un prétendant au titre avec dix victoires pour sept défaites.
À cela, il convient d’ajouter les quatre défaites concédées en Ligue des champions pour une victoire et un match nul.
Le président de l’OM s’est tout de même déclaré confiant dans l’avenir du club avec une continuité sportive qu’il juge plus importante que la continuité financière, qui « se fera naturellement avec le changement des droits TV en France ».
L’actionnaire majoritaire de l’OM, Robert Louis-Dreyfus, doit en être particulièrement satisfait puisqu’il n’a plus remis d’argent depuis un an dans les caisses du club.
« Auparavant, il vivait les contraintes sportives et financières. Il ne vit plus les secondes. Ce n’est pas le plus important à ses yeux. La vraie souffrance, celle du sportif, elle est aussi pour lui », a conclu Bouchet.


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