L’avocat français a également redit qu’il était prêt à défendre l’ancien président irakien, détenu par l’armée américaine depuis le 13 décembre. Mais il a insisté sur le fait que, lors du procès du dictateur déchu irakien et de ses anciens collaborateurs, tous les dirigeants occidentaux en place pendant la décennie 1980 devraient à ses yeux être convoqués comme témoins. « Il faudrait qu’on entende comme témoins tous les chefs d’État occidentaux (...) On a l’air de reprocher au régime précédent un certain nombres de faits » remontant a l’époque où ses dirigeants « étaient traités comme des alliés et des amis » des pays occidentaux, a dit Me Vergès, soulignant qu’alors, « ces pays étaient représentés à Bagdad par des ambassades, avec des ambassadeurs qui tous n’étaient pas aveugles ». « Cette indignation aujourd’hui me semble factice, a-t-il ajouté. On reproche l’usage de certaines armes. Qui a vendu ces armes ? On reproche la guerre avec l’Iran. Qui a encouragé cette guerre ? Je voudrais, si il y a une enquête, qu’on entende tous les dirigeants de l’époque jusqu’a la guerre du Golfe. » Pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988) déclenchée par Saddam Hussein, l’Irak était armé par les États-Unis et des pays européens comme la France ou la Grande-Bretagne, qui voyaient en lui le meilleur rempart contre l’extension de la révolution islamiste iranienne.
Ce n’est qu’à partir du moment où Saddam Hussein utilisera l’arme chimique contre les Kurdes d’Irak, au sortir de la guerre avec l’Iran, que les pays occidentaux commenceront à prendre leurs distances avec le dictateur, avant de se retrouver unis contre lui lors de la guerre du Golfe en 1991.
M. Vergès a indiqué qu’il aimerait se rendre à Bagdad pour rencontrer Tarek Aziz, mais d’abord, a-t-il dit, « je voudrais que la sécurité de l’avocat soit assurée, et ça, ça dépendra des forces de l’occupation ». Il a également indiqué qu’il voulait faire en sorte que les anciens responsables irakiens détenus soient « traités avec dignité ».
Avocat médiatique controversé, Me Vergès, septuagénaire, s’est rendu célèbre par les clients « indéfendables » dont il a assuré la défense devant les tribunaux, comme l’ancien chef de la Gestapo de Lyon, Klaus Barbie, ou le terroriste international Carlos.

