Envoyé du président Ronald Reagan pour le Proche-Orient, M. Rumsfeld avait pour instruction de dire à Tarek Aziz, alors ministre irakien des Affaires étrangères, qu’une déclaration américaine dénonçant l’utilisation par Bagdad d’armes chimiques dans sa guerre contre l’Iran ne devait pas affecter le désir de l’Administration « d’améliorer les relations bilatérales », selon ce document récemment déclassifié.
Cette condamnation avait été faite, quelques jours avant la visite de M. Rumsfeld, par le département d’État.
Ces informations, dévoilées hier par le Washington Post, interviennent alors que le débat sur la présence d’armes de destruction massive en Irak continue à agiter l’opinion publique américaine, leur présence supposée ayant été l’argument essentiel avancé par les États-Unis pour justifier le lancement de la guerre contre l’Irak en mars.
En mars 1984, M. Rumsfeld rencontra M. Aziz pendant 90 minutes, après une visite en décembre 1983, date à laquelle le responsable américain avait été chargé de persuader l’Irak de renouer ses relations diplomatiques avec les États-Unis.
Selon ce document, un télégramme envoyé à M. Rumsfeld, alors émissaire de l’ex-président Ronald Reagan pour le Proche-Orient, par le secrétaire d’État de l’époque George Shultz, l’émissaire a effectué une visite secrète en 1983 à Bagdad au cours de laquelle il avait rencontré Saddam Hussien et Tarek Aziz, ministre irakien des Affaires étrangères.
Le document déclassifié est un télégramme envoyé à M. Rumsfeld par George Shultz, alors secrétaire d’État. Ce dernier y indiquait avoir tenté, avec le secrétaire adjoint à la Défense Lawrence Eagleburger, d’assurer au sous-secrétaire d’État irakien pour les Affaires extérieures, Ismet Kittani, qu’ils souhaitaient que les relations avec Bagdad restent au beau fixe.
Appuyant l’Irak dans sa guerre contre l’Iran, Washington et Bagdad avaient établi des relations diplomatiques en 1984.
Interrogé sur ce voyage de décembre 1983 à Bagdad, Rumsfeld a récemment affirmé devant la presse avoir mis en garde Saddam Hussein contre l’utilisation d’armes chimiques, une affirmation fausse, écrit le Post, sur la base des documents diplomatiques déclassifiés.
Interrogé pour expliquer ces contradictions, le porte-parole du Pentagone Larry Di Rita a répondu au Post : « Le secrétaire a dit ce qu’il a dit, et je m’en tiens là. »

