Élu joueur de l’année 2003 par la Fifa, le prodige du football hexagonal jouit, à 31 ans, d’une popularité extraordinaire.
Personne n’ose critiquer Zizou dont la personnalité discrète et l’attachement à sa famille mettent davantage en lumière ses épatantes performances sur le terrain.
Ses deux buts de la tête en finale de la Coupe du monde 1998 ont permis à la France de réaliser son plus grand exploit sportif.
Depuis, Zidane, fils d’immigrés algériens, est devenu un véritable symbole. En 2000, un sondage a montré qu’il était la deuxième personnalité préférée des français derrière l’Abbé Pierre.
Sans aucun doute, Zidane est le joueur le plus doué de ces dix dernières années. Seuls quelques joueurs – Michel Platini, Diego Maradona, Pelé – peuvent soutenir la comparaison.
Deux fois vainqueur du trophée de la Fifa, Zidane a quitté la France pour la Juventus Turin en 1996. Cinq ans plus tard, pour la somme record de 64,4 millions de dollars, il a rejoint le Real Madrid.
Au sein de la meilleure génération du football français, il a aussi remporté l’Euro 2000. Privée de Zizou pour ses deux premiers matchs de la Coupe du monde 2002, la France sombre au premier tour.
Un prince
Cette année, il a grandement aidé le Real à gagner le titre de champion d’Espagne et a participé à la série record de 13 victoires des Bleus.
Son ascension de la banlieue de Marseille à la constellation d’étoiles du Real en a fait un modèle pour toute une génération.
« Dans le monde du football, il y a des personnages de fiction – Zinedine Zidane, par exemple », écrit Max Gallo. « Zidane a un destin. »
« Il est l’illustration parfaite du sportif », ajoute Edmonde Charles-Roux, membre de l’Académie Goncourt. « Il reste un citoyen exemplaire. C’est un prince. »
Pour son retour à Marseille, avec le Real en Ligue des champions, Zidane a eu droit à cinq pages dans l’Équipe Magazine de citations de joueurs, entraîneurs et autres suiveurs du football.
Le joueur, fan d’Enzo Francescoli, n’aime pas cette notoriété. « La chose la plus importante est de montrer l’exemple aux jeunes qui veulent devenir footballeurs professionnels », dit-il.
Zidane, en général, garde ses opinions pour lui. Pourtant, lorsque Jean-Marie Le Pen accède au deuxième tour de l’élection présidentielle en 2002, il s’exprime : « Nous sommes nés en France, nous sommes Français. De purs Français ».
À 18 mois de l’expiration de son contrat avec Madrid, Zidane pense à la retraite. Pas au métier d’entraîneur.
« Je serai heureux de vivre tranquillement avec ma femme et mes enfants loin de ce milieu. Il ne me manquera pas », assure-t-il.

