Un chef islamiste saoudien, cheikh Ahmed ben Hamoud al-Khalidi, a annoncé samedi son repentir et dénoncé le dernier attentat qui a fait le 8 novembre 17 tués à Ryad, dans un entretien à la télévision d’État.
C’est le troisième dignitaire religieux extrémiste saoudien qui annonce ainsi son repentir en direct à la télévision, depuis un mois.
Avant lui, cheikh Ali ben Khoudair al-Khoudair et cheikh Nasser ben Hamad al-Fahd s’étaient rétractés de la même manière. Les trois hommes avaient été arrêtés et emprisonnés, dans la foulée des affrontements de juin à la Mecque (Ouest), qui avaient fait sept morts.
« La période d’autoévalution que nous avons passée en prison et les événements qui ont suivi nous ont conduits à conclure que nous avions commis une erreur », a déclaré cheikh Khalidi lors de son interview, implorant « le pardon de Dieu » et les « conseils des dirigeants religieux ».
Il a notamment retiré ses fatwas justifiant la résistance aux autorités saoudiennes. Celles-ci sont engagées depuis plusieurs mois dans une traque d’extrémismes islamistes pour parer à de nouveaux actes terroristes.
Commentant l’attentat du 8 novembre contre un complexe résidentiel à Ryad, cheikh Khalidi a affirmé que cela l’avait « frappé comme le tonnerre (...). On ne peut pas comprendre que le sang des musulmans soit versé de cette sorte. Ceux qui ont tué des musulmans ont commis un crime grave », a-t-il ajouté.
Le roi Fahd d’Arabie saoudite a appelé samedi les oulémas à combattre l’extrémisme. Les oulémas doivent « souligner les dangers que l’extrémisme fait courir à la foi et au comportement des musulmans », a-t-il déclaré dans un message lu en son nom.
Il faut qu’ils utilisent des arguments religieux pour disqualifier des « fatwas individuelles aberrantes » légitimant le recours à la violence ou les attentats-suicide, a-t-il encore dit.
Les responsables saoudiens, au premier rang desquels le prince héritier Abdallah ben Abdel-Aziz, qui dirige de facto le royaume en raison de la santé fragile du roi, ont appelé ces derniers mois à combattre « la déviance » qui a conduit des musulmans au terrorisme sous la bannière de l’islam.

