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Des rêves de grandeur à une capture peu glorieuse (PHOTO)

Après trois décennies au pouvoir, Saddam Hussein, qui se voulait un héros conduisant les Arabes à la gloire, a fini capturé sans résistance par les soldats américains.
Le culte de la personnalité brutalement cultivé autour du « grand dirigeant », supposé être une synthèse de Saladin, le libérateur de Jérusalem, et du légendaire Nabuchodonosor, s’achève sur cette capture peu glorieuse d’un « homme fatigué, résigné à son sort », selon le général Ricardo Sanchez, commandant des forces américaines en Irak.
Saddam Hussein, qui avait promis aux Irakiens de « mourir dans ce pays et de préserver notre honneur, l’honneur que nous devons à notre peuple », s’est rendu sans résistance et sans qu’un coup de feu soit tiré.
Cette capture, la défaite sans résistance de son armée tant vantée et la dégringolade du parti Baas vont marquer à jamais l’histoire d’une vie tumultueuse.
Né le 28 avril 1937 à Owja, près de Tikrit, dans une famille paysanne arabe sunnite, Saddam Hussein connaît une enfance difficile. Orphelin de père à l’âge de neuf ans, il est élevé par son oncle qui l’envoie faire des études à Bagdad.
Né pauvre pour vivre plus tard dans d’immenses palais au confort extravagant, il a maintes fois défié la superpuissance américaine.
Il en a payé le prix dans la défaite et l’humiliation, avec ses statues traînées dans la boue et ses portraits déchirés, maculés ou brûlés.
Enfermé dans un monde artificiel, il était passé maître dans l’art de transformer chaque défaite en une victoire et chaque désastre en une fête.
Saddam Hussein, qui a livré de 1980 à 1988 une guerre sanglante à l’Iran et subi la défaite de la guerre du Golfe (1991), avait l’art de la survie, soulignaient les diplomates.
Les États-Unis avaient inondé Bagdad de bombes et de missiles en décembre 1998. D’autres missiles s’étaient abattus en 1996 et en 1993, le voyant à chaque fois refaire surface en criant victoire.
Washington et Londres avaient caressé l’espoir de le voir chassé par un soulèvement intérieur, mais l’homme a su briser dans le sang les soulèvements dans le Sud chiite et le Nord kurde dans la foulée de la guerre du Golfe.
Saddam Hussein a commencé à se faire connaître, dans sa jeunesse, en tentant d’assassiner le président Abdel Karim Qassem en 1959.
Blessé à la jambe, il a fui à l’étranger pour revenir quatre ans plus tard avant d’être jeté en prison en 1964. Il s’en échappe pour reprendre son action clandestine pour le compte du Baas.
Il participe en 1968 au coup d’État qui a porté ce parti au pouvoir et qui marquera le début de son ascension jusqu’à devenir l’homme fort du régime du président Ahmed Hassan al-Bakr.
Secrétaire général adjoint du Baas, il devient en 1969 vice-président du Conseil de commandement de la révolution (CCR), plus haute instance dirigeante, et ne cesse de renforcer son pouvoir.
Numéro un le 16 juillet 1979, il cumule les postes de chef d’État, de secrétaire général du parti et de président du CCR.
Saddam Hussein ne tolère aucune dissidence, multipliant les purges et envoyant ses opposants en exil ou au cimetière, son régime s’imposant par la terreur et la cruauté. La délation est encouragée et les médias sont sous un contrôle implacable.
L’homme qui « inspire la crainte » mais qui a raté un concours de recrutement d’officiers dans sa jeunesse s’était proclamé maréchal et chef suprême d’une armée, rapidement balayée par les troupes américaines.
Après trois décennies au pouvoir, Saddam Hussein, qui se voulait un héros conduisant les Arabes à la gloire, a fini capturé sans résistance par les soldats américains.Le culte de la personnalité brutalement cultivé autour du « grand dirigeant », supposé être une synthèse de Saladin, le libérateur de Jérusalem, et du légendaire Nabuchodonosor, s’achève sur cette capture peu glorieuse d’un « homme fatigué, résigné à son sort », selon le général Ricardo Sanchez, commandant des forces américaines en Irak.Saddam Hussein, qui avait promis aux Irakiens de « mourir dans ce pays et de préserver notre honneur, l’honneur que nous devons à notre peuple », s’est rendu sans résistance et sans qu’un coup de feu soit tiré.Cette capture, la défaite sans résistance de son armée tant vantée et la dégringolade...