Le dossier irakien se révèle de plus en plus difficile à gérer pour l’Administration Bush, prise entre l’affaire des contrats pour la reconstruction de l’Irak, la restructuration de la dette de Bagdad et les accusations portées contre le groupe américain Halliburton.
Celles-ci sont le dernier pavé dans la mare pour la Maison-Blanche. Selon le Pentagone, une filiale du groupe chargée du secteur pétrolier en Irak a gonflé les prix de l’essence exportée vers ce pays pour un montant pouvant s’élever jusqu’à 61 millions de dollars. Hier, la Maison-Blanche renvoyait les questions sur cette affaire au Pentagone.
De nombreux parlementaires américains avaient vivement critiqué l’obtention par Halliburton, sans appel d’offre, du contrat de fourniture de produits pétroliers raffinés en Irak. Trois parlementaires démocrates avaient par ailleurs demandé fin novembre au Pentagone d’enquêter sur des accusations de surfacturation de l’essence concernant Halliburton.
Le groupe a tiré presque un quart de ses bénéfices au 3e trimestre des contrats en Irak accordés par le gouvernement américain à sa filiale KBR, selon les résultats trimestriels de la société diffusés fin octobre.
M. Cheney, soupçonné d’avoir réussi à augmenter de façon spectaculaire le chiffre d’affaires de son ancien groupe en lui apportant de nouveaux contrats, a affirmé à maintes reprises ne plus jouer aucun rôle à Halliburton depuis son départ.
Cette affaire tombe au plus mal pour l’Administration Bush. Elle fait déjà l’objet de fortes critiques pour sa décision d’exclure des contrats de premier rang pour la reconstruction de l’Irak les entreprises des pays qui s’étaient opposés à l’intervention militaire américano-britannique pour renverser Saddam Hussein en mars.
Elle survient également au plus mauvais moment pour James Baker, l’envoyé spécial du président américain George W. Bush pour la question de la dette irakienne, qui doit s’embarquer lundi dans une tournée européenne.
Selon l’éditorialiste du New York Times Paul Krugman hier, la publication, à l’initiative du numéro deux du Pentagone Paul Wolfowitz, du mémorandum excluant certains pays des contrats de premier rang juste avant la tournée de James Baker, n’est peut-être pas innocente.
Le but de M. Wolfowitz pourrait être de tordre le bras de certains pays pour les inciter à envoyer des troupes en Irak, suggère Paul Krugman qui passe pour proche de l’opposition démocrate.

