On mentionne Jackie Chan (dans «The Medallion»), mais il a fait bien mieux. Et, pour mémoire, le film français «Corps à corps».
Bilan plus que positif pour le Festival du cinéma européen (un succès!) qui a permis à nos cinéphiles de belles découvertes.
Sorties prévues pour le jeudi 18/12 (sous réserve):
– Intolerable Cruelty, de Joel Coen, avec George Clooney, Catherine Zeta-Jones, Billy Bob Thornton.
– Alex and Emma, de Rob Reiner, avec Kate Hudson, Luke Wilson, Sophie Marceau.
– Looney Tunes, de Joe Dante, avec... Bugs Bunny en vedette!
L’arène des océans
Master and Commander,
de Peter Weir
Un premier bon point: sur l’écran, précédant le pré-générique, une brève notice situe le film dans le contexte de l’époque. Nous sommes en 1805, alors que l’empereur Napoléon, au faîte de sa puissance en Europe, est en guerre quasi permanente avec l’Angleterre, où règne George III (toute l’histoire que raconte le film sera d’ailleurs vue du côté anglais)? Un conflit qui s’étend jusque sur les mers les plus lointaines.
Au large des côtes du Brésil, croise le navire anglais «Surprise», sous le commandement du capitaine Jack Aubrey (Russell Crowe), qui subit l’attaque d’un vaisseau français naviguant en «unité libre», l’«Achéron». C’est justement ce navire que Aubrey a reçu l’ordre de poursuivre et détruire à tout prix. Bien que sérieusement endommagé, le «Surprise» se lance à la poursuite de son assaillant. Une longue traque à travers les océans, contournant le Cap Horn (à l’extrémité sud du continent américain), jusqu’aux îles Galapagos, qui allaient devenir célèbres par leur faune extraordinaire (les tortues géantes, entre autres). À l’exception d’une escale sur cet archipel, le film va se dérouler entièrement à bord du «Surprise», nous familiarisant avec la dure existence des membres de l’équipage, leurs peurs, leurs tâches et leurs peines. Ne croyez pas que le spectacle est lassant ou, encore moins, monotone. Au contraire: adapté des récits de Patrick O’Brian, auteur renommé dans ce domaine, le film sait captiver et retenir notre attention. Parce que les personnages, avec leur caractère, leur courage ou leurs faiblesses, sont réellement «vivants». À commencer, bien sûr, par le maître à bord, Jack Aubrey.
Comme étrangement venu de sa lointaine épopée du Gladiateur dans le film mémorable de Ridley Scott (2000), Russell Crowe, acteur à la personnalité remarquable, fait une création puissante dans le rôle-clé du capitaine Aubrey. «Ce genre d’homme n’existe plus guère, a commenté Crowe lui-même, le temps est passé». Quant au metteur en scène, Peter Weir, il est en admiration devant son interprète: «C’est comme si Russell Crowe était né pour incarner Jack Aubrey.» Rappelons ici que ce cinéaste, originaire d’Australie, a déjà fait la preuve d’un talent certain, avec des films comme Gallipoli (81), The Year of Living Dangerously (83), ou encore The Truman Show (98).
On ne serait pas étonné si Master and Commander était taxé – spécialement en France – de conventionnel, sinon d’académisme. Il est exact que Peter Weir a filmé son histoire de manière «classique» (sans nuance péjorative). Eh bien, cela convient parfaitement au genre du film, et nous repose des outrances à «effets spéciaux» façon Pirates of the Caribbean. Et puis, le résultat est là: totalement positif.
Il faut revenir sur les personnages «secondaires», dont les interventions donnent (curieusement) une note comme intimiste à ce récit spectaculaire. En particulier, le Dr Stephen Maturin (excellent Paul Bettany), savant naturaliste, qui poursuit tant bien que mal ses recherches scientifiques (on peut le voir actuellement dans The Heart of Me, de Thaddeus O’Sullivan). Et une ou deux scènes de Master and Commander nous permettent même d’entendre – intermède inattendu – un peu de musique d’époque. Tel est ce film, qui ravira les nostalgiques d’aventure «à l’ancienne». Et qui devrait valoir à Russell Crowe – et pas à lui seulement – d’être distingué aux prochains Oscars.
Circuit EMPIRE/
ESPACE, FREEWAY
Pas vus
The Medallion,
de Gordon Chan
Quand il n’est pas lui-même derrière la caméra, Jackie Chan installe un autre Chan (un parent?) à la réalisation, afin de filmer les exploits de la «star». Et de contrôler tout le déroulement de l’affaire. Mais Jackie Chan, après ses succès des deux agréables Rush Hour (1998 et 2001), semble avoir fait un peu n’importe quoi. Il se répète, et son inspiration est en baisse. En tout cas, ce Medallion – au scénario apparemment banal – est passé inaperçu. Seuls les inconditionnels suivront.
CONCORDE, ABRAJ, ZOUK
Corps à corps,
de François Hanss et
Arthur-Emmanuel Pierre
Toujours laissant un peu à désirer, la «sélection» des films français qui parviennent jusqu’à nos écrans. Quand ils ne sont pas trop en retard (celui-ci date d’avril 2003), ils manquent d’atouts pour attirer le public. Corps à corps raconte l’histoire d’une strip-teaseuse qui change de vie pour suivre un riche amoureux. Mais le conte de fées (?) va virer au cauchemar... Avec, en vedette(s), Emmanuelle Seigner et Philippe Torreton.
KASLIK, EMPIRE/
SODECO, FREEWAY
CINÉ-CLUBs
• Ciné-club de l’Alba
Schizopolis, film américain de Steven Soderbergh (1996), avec David Jensen, Betsy Brantley et l’auteur (même titre en France – durée: 1h36). Un des films datant d’avant la «grande» période de Soderbergh, mais pas moins intéressant pour autant – au contraire. Une histoire bizarre dont la complexité côtoie souvent le surréalisme. Un film expérimental... ou un miroir aux alouettes? Allez-y voir!
Alba, ce soir-même, vendredi 12, à 19h
• Ciné-club de l’École
supérieure des affaires
Belle chute de rideau pour la fin du cycle «Documentaires»: Être et avoir, film français de Nicolas Philibert (2002). Durée: 1h40. Filmé «nature» dans une école de village dans la France dite «profonde» (en Auvergne). Un travail étonnant, une sincérité qui va droit au cœur. Qui pouvait s’attendre à un pareil triomphe? À voir!
Esa, rue Clemenceau, mardi 16, à 20h30
• Ciné-club du Centre
culturel français
Karnaval, un film de Thomas Vincent (1998), avec Amar Ben Abdallah, Sylvie Testud, Clovis Cornillac (durée: 1h28). Dans le cadre de la fête du Carnaval à Dunkerque (une tradition locale), une vague intrigue sentimentale. L’arrière-plan social donne un certain relief à ce film par ailleurs moyen.
Salle Montaigne, mercredi 17, à 19h15
L’actualité
l L’actrice Maggie Cheung, dont on n’a pas oublié la composition dans le film de Wong Kar-Wai, In the Mood for Love, vient de tourner en France un film d’Olivier Assayas, intitulé Clean. Les autres principaux interprètes sont: Béatrice Dalle, Jeanne Balibar et Laura Smet.
l Il y a longtemps qu’on n’avait pas entendu parler de Woody Allen. En tout cas, lui n’arrête pas de prendre la parole. Quelques propos (en vrac) de l’auteur de Manhattan: «Actuellement, nous avons deux genres de films: les machins à effets spéciaux, où il n’y a pas de gens; et les films sur les adolescents, genre American Pie, où il n’y a pas de gens (...). Pas de culpabilité, pas de plaisir, je sais. C’est vrai. Mais, après, il faut payer. Remarquez, de toute façon, on meurt... Je veux bien mourir, mais pas la semaine prochaine (...). En général, je suis trop angoissé. Quand Bergman tourne Le septième sceau, tout le monde s’amuse sur le plateau. C’est comme une comédie. Moi, au contraire, quand je tourne une comédie, on a l’impression d’être dans Le septième sceau, personne ne rit.» Cela rapporté, rappelons que Woody Allen s’est «confessé» dans ses «Mémoires», et qu’il doit réaliser une comédie sérieuse... Vraiment?!
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN


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