Ebadi assure qu’elle recevra son Nobel sans le foulard
le 08 décembre 2003 à 00h00
L’avocate Shirin Ebadi a indiqué dans un entretien qu’elle recevrait son prix Nobel de la paix mercredi à Oslo sans le foulard dont les Iraniennes sont tenues de se couvrir la tête, en Iran comme à l’étranger. Shirin Ebadi, défenseur des droits de l’homme, des femmes et des enfants, refuse aussi de porter le drapeau de la libéralisation de la République islamique parce que « le culte du héros a toujours ramené ce pays en arrière ». « Je serai sans hidjab », a déclaré Shirin Ebadi, qui avait déjà heurté les conservateurs iraniens en apparaissant sans foulard devant les caméras à Paris après l’annonce de l’attribution du prix. « Il y en a toujours eu que mon action irritait, ce n’est pas très important », a-t-elle expliqué. Shirin Ebadi a assuré que les menaces dont son entourage s’inquiète contre elle n’étaient « pas nouvelles » : « J’en reçois depuis dix ans ». Pour autant, elle n’a « pas accepté les gardes du corps qu’on m’a proposés », se contentant de prévenir les autorités quand elle se rend dans des lieux publics. « Le Nobel n’a rien changé à son engagement », dit-elle, refusant de devenir l’incarnation des espoirs de libéralisation des Iraniens et de s’engager dans le combat purement politique : « Le culte du héros a toujours ramené ce pays en arrière ». « Les gens doivent se battre eux-mêmes pour leurs droits, et beaucoup de gens le font. La liberté ne s’offre pas sur un plateau d’argent », a-t-elle dit en soulignant que les réformes devaient être « pacifiques » et en plaidant pour la voie parlementaire. La semaine dernière, des dizaines d’étudiantes et d’étudiants islamistes ont violemment fait irruption pour empêcher Shirin Ebadi de prononcer un discours dans l’une des universités de Téhéran, et vendredi, cinq personnes ont été arrêtées après l’agression d’une personnalité réformatrice qui, ajoutée à l’intervention brutale d’islamistes avant un discours de Shirin Ebadi, a suscité l’inquiétude du président Mohammed Khatami, ont rapporté les médias hier. Mohsen Mirdamadi, président de la commission parlementaire de la sécurité nationale et des Affaires étrangères et proche de M. Khatami, a été agressé par des islamistes vendredi à l’université de Yazd. M. Mirdamadi a raconté avoir été molesté par quarante à cinquante personnes qui l’ont frappé à coups de pieds ou avec « tout ce qui leur tombait sous la main ».
L’avocate Shirin Ebadi a indiqué dans un entretien qu’elle recevrait son prix Nobel de la paix mercredi à Oslo sans le foulard dont les Iraniennes sont tenues de se couvrir la tête, en Iran comme à l’étranger. Shirin Ebadi, défenseur des droits de l’homme, des femmes et des enfants, refuse aussi de porter le drapeau de la libéralisation de la République islamique parce que « le culte du héros a toujours ramené ce pays en arrière ». « Je serai sans hidjab », a déclaré Shirin Ebadi, qui avait déjà heurté les conservateurs iraniens en apparaissant sans foulard devant les caméras à Paris après l’annonce de l’attribution du prix. « Il y en a toujours eu que mon action irritait, ce n’est pas très important », a-t-elle expliqué. Shirin Ebadi a assuré que les menaces dont son entourage s’inquiète...
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