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Actualités

Cette semaine, en fait de «nouveautés», c’est la traversée du désert... en hiver. Jugez plutôt: nous avons droit au troisième «American Pie: The Wedding» et ce n’est pas la tarte (compte-rendu assuré par Dyma Demirdjian) – et à un mélodrame «amoureux» dont on ne sait pas grand-chose: «The Heart of Me», signé Thaddeus O’Sullivan.
À noter: 1) la sortie du «Bon voyage» de Jean-Paul Rappeneau, d’abord prévue pour le 11/12, a été reportée au 25/12 (ce n’est pas une mauvaise idée). 2) la suite du Festival du cinéma européen. Deux titres, entre autres, à retenir: «Goodbye, Lenin!» (Wolfgang Becker), et «Depuis qu’Otar est parti» (Julie Bertuccelli).

Une tarte indigeste

American Wedding,
de Jesse Dylan

Les Américains n’ont peur de rien. Preuve en est, le 3e volet des adolescents retardés, délurés et obsédés d’American Pie. Après avoir fait connaissance et après être sortis ensemble, Jim et Michelle décident cette fois de se dire officiellement «oui». Cet épisode marque donc les préparatifs du mariage, avec les amis et parents des futurs mariés. Petite nouveauté, cette année, Stifler vole la vedette à Jim. L’équipe n’a rien trouvé de mieux que de mettre en avant le personnage le plus lourd, le plus primaire, le plus libidineux et le plus caricatural de la bande. Il apparaît dans quasi toutes les scènes du film, insufflant un nuage épais d’humour douteux: s’il a déjà bu du sperme et s’il s’est déjà fait arroser d’urine, l’ami Stifler atteint cette fois le point de non-retour dans le voyage de la bêtise la plus poussée en mangeant de la merde en bonne et due forme. L’humour scato et la grossièreté infantile restent donc en première ligne, servant des gags qui s’éternisent à n’en plus finir. Sans surprise ni finesse, American Wedding touche le fond.

Circuit EMPIRE/ESPACE,
KASLIK, FREEWAY

Pas vu

The Heart of Me,
de Thaddeus O’Sullivan

Il est de ces films qui parviennent un jour, comme par hasard, jusque sur nos écrans. On ne sait pas d’où ils viennent, on n’en a jamais entendu parler. Ainsi, The Heart of Me – ce titre déjà... Pas de projection de presse, tout juste le strict minimum en fait de documentation. Avec un résumé du synopsis. Que voici: cela se passe vers la fin des années 1920 (que l’on avait dit «folles»... que dire alors des nôtres?!). Rickie et Madeleine sont mariés, leur couple semble heureux. Un jour survient Dinah, la sœur de Madeleine, aux allures très libres, dont Rickie ne tarde pas à s’enticher. Une liaison qu’ignore Madeleine. Rickie est grièvement blessé lors d’un accident et sa femme découvre la vérité. Dinah est enceinte... Tous les éléments d’un mélo «à l’ancienne» sont réunis. Reste à savoir ce qu’en a fait le metteur en scène – ce dont on n’a vraiment aucune idée. Un vague critère, tout de même assez mince: le scénario est adapté d’une œuvre de Rosamond Lehmann, romancière anglaise (?) assez connue.
On termine par l’interprétation, qui réunit dans les rôles principaux: Helena Bonham-Carter (Dinah), Olivia Williams (Madeleine) et Paul Bettany (Rickie), un acteur que l’on va retrouver (la semaine prochaine) dans le bon film de Peter Weir, Master and Commander. Reste à découvrir: qui sait?!

CONCORDE, ABRAJ, ZOUK

Retours

Mystic River,
de Clint Eastwood

Le film, qui n’est pas très facile – du moins du point de vue «commercial» – poursuit une carrière qu’on peut qualifier d’«honorable».
Parmi les œuvres présentées à Cannes 2003 – signées Lars Von Trier, François Ozon, Claude Miller et Peter Greenaway – le film de Clint Eastwood faisait figure de favori. Ainsi, François-Guillaume Lorrain écrivait dans Le Point (n° du 9/5/2003): «Il était sans conteste le cinéaste le plus attendu. Lui, c’est Clint Eastwood, le metteur en scène-phare des quinze dernières années du cinéma américain (...) Mystic River s’annonçait en effet comme un grand Eastwood, un film d’une importance comparable à celle de Unforgiven ou de The Bridges of Madison County (...). Le film n’emprunte qu’en apparence les voies du polar (...)». D’après Eastwood lui-même, «Mystic River est une fresque intimiste sur l’innocence perdue de trois Américains ordinaires».
Une chose est sûre: Mystic River est un grand film. Ne le manquez surtout pas.

EMPIRE/SODECO, ESPACE

Kill Bill,
de Quentin Tarantino

Les uns y vont pour Tarantino. Les autres – plus nombreux – pour la violence annoncée (le film étant, en principe, interdit aux moins de 16 ans). Puisque Volume 1 il y a, disons que le volume de la violence est... débordant. L’auteur, qui a beaucoup d’idées, en a sur son film: Kill Bill n’est pas seulement un hommage aux cinémas que j’aime. C’est aussi mon «film de Josef Von Sternberg, et Uma Thurman est ma Marlene Dietrich». Pas moins! À Paris, où Tarantino est très tendance (avec lui, il convient de parler branché), la critique ne se (re)tient pas. Un journaliste ultrafan lance: «Pour ceux qui ne l’auraient pas encore compris, cinéma se dit Tarantino». Un autre se montre plus ambigu: «Tarantino n’a rien à dire, mais il le dit mieux que personne», etc. Allez vous faire une opinion... en vous protégeant des mauvais coups.

CONCORDE, ABRAJ, ZOUK

CINÉ-CLUBs

l Ciné-club de l’Alba
Audition, film japonais de Takashi Miike (2002), avec Ryo Ishibahi et Ehi Shiina.
Relativement connu (et apprécié), Miike ne manque pas d’ambition. Il traite ici un curieux sujet. À force de recherches (d’où le titre), il croit avoir trouvé la femme idéale: en fait, il va vivre une bizarre aventure, sadomasochisme et tortures y compris. Rêve ou réalité? Les amateurs de curiosités iront se faire une opinion.
Alba, ce soir même, vendredi 5, à 19h00

l Ciné-club de l’École
supérieure des affaires
Le peuple migrateur, film franco-européen de Jacques Perrin (2001). Titre aux USA, où le film a été remarqué, Winged Migration, (durée: 1h30). Un documentaire étonnant, produit et filmé par Jacques Perrin (devenu le spécialiste du genre!). On en a beaucoup parlé, à juste titre, car le film mérite certainement d’être vu.
Esa, rue Clemenceau, mardi 9, à 20h30

l Ciné-club du Centre
culturel français
L’assassinat du Père Noël, un film de Christian-Jaque (1941), avec Harry Baur, Raymond Rouleau, Fernand Ledoux et Robert Le Vigan (durée: 1h45).
Un ancien film qui avait connu un vif succès... en son temps (mais le temps, justement, a dû faire son œuvre). L’intrigue est mystérieuse à souhait et tous les interprètes sont excellents, à commencer par Harry Baur qui fut un très grand acteur. À titre de curiosité insolite...
Salle Montaigne, mercredi 10, à 19h15

L’actualité

l Le décès de Mary Queeny (1919-2003) n’est évidemment pas passé inaperçu dans le monde du cinéma arabe et, plus spécialement, égyptien. À ce sujet, on peut se reporter à l’article paru dans L’Orient-Le Jour en date du vendredi 28 novembre dernier. À deux détails près: l’omission de son vrai nom (Marie Boutros Younes), l’orthographe «officielle» de son nom étant Queeny et non pas Kwini.

l On a appris – avec regret – la fermeture du Studio Disney de Montreuil (près de Paris). On y réalisait souvent – en synchronisation directe avec la maison-mère de Hollywood – des dessins animés, selon une technique de pointe très impressionnante. Nous avions visité le studio l’année de la réalisation de Notre-Dame de Paris. La concurrence des autres grands studios dans le domaine de l’animation avait rendu inéluctable l’arrêt des activités du studio français de Disney.

l Le dernier Marché du film de Milan (MIFED) s’est déroulé, cette année encore, avec un certain succès (relatif). Mais ses jours sont peut-être comptés: c’est en tout cas la rumeur qui court dans les milieux du cinéma. En effet, d’une part, de nombreux participants – Américains en tête, comme par hasard – se sont plaints d’une organisation et d’un fonctionnement laissant à désirer. D’autre part, la concurrence internationale se fait de plus en plus forte: sans parler de Cannes, toujours bien en place, Berlin a renforcé son Marché du film, et, surtout, l’American Film Market (AFM), sis à L.A. (Californie), se tient lui aussi en novembre. Avec l’intention avouée de supplanter définitivement le MIFED. Mais tout n’est pas joué: Milan entend bien réagir et prépare une nouvelle stratégie. Affaire(s) à suivre.

RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN
Cette semaine, en fait de «nouveautés», c’est la traversée du désert... en hiver. Jugez plutôt: nous avons droit au troisième «American Pie: The Wedding» et ce n’est pas la tarte (compte-rendu assuré par Dyma Demirdjian) – et à un mélodrame «amoureux» dont on ne sait pas grand-chose: «The Heart of Me», signé Thaddeus O’Sullivan.À noter: 1) la sortie du «Bon voyage» de Jean-Paul Rappeneau, d’abord prévue pour le 11/12, a été reportée au 25/12 (ce n’est pas une mauvaise idée). 2) la suite du Festival du cinéma européen. Deux titres, entre autres, à retenir: «Goodbye, Lenin!» (Wolfgang Becker), et «Depuis qu’Otar est parti» (Julie Bertuccelli).Une tarte indigesteAmerican Wedding,de Jesse DylanLes Américains n’ont peur de rien. Preuve en est, le 3e volet des adolescents retardés, délurés et...