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Le plan alternatif change la donne au sein de la gauche israélienne

Le lancement de l’Initiative de Genève et le rôle prépondérant joué par Yossi Beilin dans l’élaboration de ce plan de paix officieux risquent d’accélérer une refonte totale de la gauche israélienne, moribonde depuis le début de l’intifada et laminée aux dernières législatives. « Le rôle traditionnel de l’opposition est de présenter des alternatives (...) J’espère que les membres du Parti travailliste seront fidèles à leurs convictions et rejoindront les promoteurs de l’Initiative de Genève », a déclaré aux médias le député Yossi Sarid, ex-chef du Meretz. Sa formation de gauche laïque ne compte que six élus, contre dix avant le scrutin de janvier dernier. Elle doit fusionner le 9 décembre avec le mouvement Shahar (« Aube » en hébreu) de Yossi Beilin, principal négociateur israélien du plan officieux de règlement avec les Palestiniens solennellement lancé lundi à Genève.
Ce nouveau parti, qui doit s’appeler Yi’ud (acronyme des mots Israël-Démocratie-Travail), entend ratisser large sur une plate-forme sociale-démocrate en profitant du mécontentement causé par l’insécurité et la crise économique persistantes après plus de trois ans d’intifada.
Il espère rallier les « colombes » du Parti travailliste (19 élus sur 120 à la Chambre), notamment les députés Youli Tamir (ancien ministre de l’Intégration), Avraham Burg (ancien président du Parlement) et Amram Mitzna (ancien chef du parti) qui ont participé à la cérémonie de Genève.
Cette mouvance entend conforter son audience à la faveur d’une campagne sur les scènes internationale et intérieure, qui prévoit notamment une ambitieuse manifestation pacifiste sur la place Yitzhak Rabin à Tel-Aviv.
Elle se heurte toutefois aux réticences de Shimon Peres. Le vétéran de la politique israélienne assume, à 80 ans, la direction intérimaire du Parti travailliste et affirme soutenir « chaque opportunité de dialogue avec les Palestiniens », tout en se défaussant de l’Initiative de Genève. Selon son bureau, M. Peres s’oppose à ce qu’Israël octroie la souveraineté aux Palestiniens sur l’esplanade des Mosquées de Jérusalem (le mont du Temple pour les juifs), refuse le déploiement d’une force internationale dans la région et conteste la formule retenue au sujet des réfugiés palestiniens.
Le camp dominant de son parti a fustigé le pacte de Genève tout en souscrivant à la plupart de ses solutions.
Le lancement de l’Initiative de Genève et le rôle prépondérant joué par Yossi Beilin dans l’élaboration de ce plan de paix officieux risquent d’accélérer une refonte totale de la gauche israélienne, moribonde depuis le début de l’intifada et laminée aux dernières législatives. « Le rôle traditionnel de l’opposition est de présenter des alternatives (...) J’espère que les membres du Parti travailliste seront fidèles à leurs convictions et rejoindront les promoteurs de l’Initiative de Genève », a déclaré aux médias le député Yossi Sarid, ex-chef du Meretz. Sa formation de gauche laïque ne compte que six élus, contre dix avant le scrutin de janvier dernier. Elle doit fusionner le 9 décembre avec le mouvement Shahar (« Aube » en hébreu) de Yossi Beilin, principal négociateur israélien du plan...