« Après la blessure qui a rendu indisponible Nathalie Dechy, elle s’est bien intégrée au groupe, a estimé le capitaine Guy Forget. Et de quelle manière ! Sinon, on n’aurait pas pu arriver en finale. »
« Elle a mis du sien alors que la Fed Cup n’était pas sa priorité jusqu’à présent, a renchéri sa coéquipière Amélie Mauresmo. Je souhaitais depuis longtemps qu’elle soit là pour remporter la finale et elle a peut-être entendu mon souhait. »
Sollicitée à plusieurs reprises, la Française avait longtemps été hésitante.
« Je lui ai toujours dit que j’aimerais travailler avec elle pour voir ce que cela donnait », a raconté Forget. « Elle me répondait chaque fois qu’elle n’était pas prête, pour des raisons personnelles que je comprenais. Mais elle savait que la porte était ouverte et il n’y avait aucune raison que cela se passe mal à condition qu’elle respecte les règles », a-t-il expliqué.
« Elle en a apporté la confirmation ici, en produisant un tennis de très haut niveau », a affirmé le capitaine français.
Régime
Il est bien vrai que Pierce a pesé bien plus sur le sort des rencontres qu’elle ne l’avait fait lors de la finale gagnée par la France en 1997. À l’époque, elle campait dans le « Top Ten », nourrissait de grandes ambitions personnelles et affichait une certaine distance avec le reste de l’équipe.
Et le capitaine Yannick Noah était plus radical que le conciliant Guy Forget.
Après des années de vicissitudes, ce qui lui faisait dire qu’elle n’était pas prête ressemblait plutôt à de la certitude d’être hors de forme.
Au début de cette saison, elle accusait quelques kilos superflus.
Celui qui métamorphosa la chenille en papillon fut Sven Groenveld, l’entraîneur néerlandais du temps de ses succès.
« Je suis allée travailler avec lui, car j’ai 28 ans et je n’ai plus de temps à perdre », expliquait-elle à Wimbledon. Groenveld accepta de s’occuper de nouveau d’elle à condition qu’elle se soumette à son programme sans aucune restriction.
Ce qu’elle fit. Malgré ses dix kilos de perdus, il lui en reste encore quelques-uns de trop.
Et il lui manque également un peu de souplesse dans les genoux et dans les rotations du tronc pour frapper son revers.
Mais elle est sur la bonne voie et reprendra l’entraînement dans quinze jours après des vacances dans un lieu qu’elle veut garder secret.
Après, ce sera Melbourne, où elle prit son envol en 1995 vers ce qui devait la conduire, dans l’idéal, au premier rang mondial.
Qui sait de quoi elle sera alors capable ?

