Dans le sillage de l’épopée des garçons vainqueurs de la Coupe Davis en 1991, 1996 et 2001, les Françaises ont remporté pour la deuxième fois en six ans la Fed Cup de tennis féminin à l’occasion de la 41e édition, dimanche, à Moscou.
En raison des nombreux forfaits enregistrés dans les rangs belges et américains, l’obstacle le plus difficile à passer fut, comme prévu, la Russie en demi-finales. Dans l’autre demi-finale, les Belges, battues 4-1, furent sur le point de créer une énorme surprise lors de la première journée grâce à la junior Kirsten Flipkens, grande révélation de cette Fed Cup, qui eut une balle de match face à la meilleure Américaine, Meghann Shaughnessy.
Seul le résultat compte
On pourra toujours faire la fine bouche à propos de la victoire de la France sur les États-Unis (4-1) en finale. Reste qu’en sport, ce qui compte, c’est l’instant, la présence et le résultat. Et qu’Amélie Mauresmo a raison de dire : « Dans dix ans, personne ne se souviendra que les sœurs Williams n’étaient pas là. » Sortie victorieuse des quatre simples qu’elle disputa, la n° 1 française, très motivée, a manifestement passé un cap en cette fin d’année. Ayant réussi un total de 24 aces, elle a nettement progressé au service et fait preuve d’une constance plutôt exceptionnelle. Le coup droit, que Shaughnessy avait l’intention de pilonner avant de baisser pavillon 6-2, 6-1, dans le troisième simple, demeurant son point faible.
Le tirage au sort ayant bien fait les choses, Shaughnessy avait été sérieusement ébranlée la veille par les coups de boutoir de Mary Pierce. Tout comme l’avait été la Russe Anastasia Myskina lors de la demi-finale. Ce qui a fait dire à Mauresmo : « Mary m’a servi sur un plateau l’occasion de remporter la victoire dès le troisième simple. » D’autres conditions favorables étaient réunies. À commencer par un esprit d’équipe concocté par le capitaine Guy Forget, comme Yannick Noah avait cimenté celui des vainqueurs de la Coupe Davis, et même des gagnantes de la Fed Cup en 1997, avant de passer le relais.
« Cette année a été parfaite et on est toutes ravies. Nous avions la tête tournée vers le même objectif et le groupe est resté soudé. Tout le monde a mis du sien pour que ça marche », a pu se réjouir Mauresmo, qui a affirmé qu’elle serait présente l’an prochain au premier tour contre l’Allemagne.
La prochaine finale à Paris
Si la situation se reproduisait, Forget a indiqué qu’il avait pratiquement obtenu l’assurance auprès du président de la Fédération française de tennis (FFT), Christian Bîmes, que la France serait candidate à l’organisation de la phase finale. « Ce serait bien que les quatre pays encore en lice soient candidats », a-t-il souhaité, en regrettant une fois de plus l’absence de quelques-unes des meilleures joueuses mondiales à Moscou. « Même si cela avait dû nous faire perdre », a-t-il ajouté, toujours très gentleman.
La finale de la Fed Cup à Paris, comme le souhaitait Mauresmo ? Pourquoi pas. Il ne faudrait cependant pas pousser trop loin le parallélisme avec la Coupe Davis, dont le résultat ne fut pas particulièrement favorable à la France, l’année dernière, au Palais des sports de Paris-Bercy. À un journaliste russe qui lui demandait après les demi-finales s’il était plus content d’avoir gagné ou d’avoir pris sa revanche sur Shamil Tarpischev, capitaine des vainqueurs russes de la France (3-2) dans la finale de la Coupe Davis 2002, Forget a répondu : « Il n’y a aucune rivalité entre Tarpischev et moi. Le tennis n’est qu’un jeu. »

