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Actualités

En attendant (impatiemment) la Semaine européenne (vendredi 28), la présente semaine est positive. Un très grand film sort – dans seulement trois salles!: «Mystic River», de Clint Eastwood, lequel est décidément à classer parmi les meilleurs cinéastes encore en activité à Hollywood. Au chapitre animation, une réussite des studios Pixar/Disney, «Finding Nemo» (d’Andrew Stanton), dont vous rend compte Dyma Demirdjian. Qui vous parle également de la comédie française de Gérard Bitton, «Ah, si j’étais riche!». Autre sortie signalée pour mémoire: «Head of State», de (et avec!) Chris Rock.
Attention: vu la fête du ramadan, les programmes changeront le mardi 25, au lieu du jeudi 27.

Sorties prévues pour le mardi 25/11 (sous réserve):
– The Matrix Revolutions, des frères Wachowski, avec Keanu Reeves, Carrie-Anne Moss, Laurence Fishburne.
– Kill Bill, de Quentin Tarantino, avec Uma Thurman, David Carradine, Lucy Liu et Daryl Hannah.
– Wrong Turn, de Rob Schmidt, avec Eliza Dushku.

La force des ténèbres

Mystic River,
de Clint Eastwood

Étonnant Clint Eastwood. Le voilà qui nous revient (à 73 ans) avec un film d’une force impitoyable, un film qui relève de la «série noire» dans ce qu’elle a de plus trouble et de plus inquiétant, de plus complexe aussi. Ne vous attendez pas à un film policier, même s’il y a flics et enquête au cours de l’intrigue. Mystic River est une tragédie. Un film où la tension dramatique règne de la première à la dernière image. Une tension entretenue par la puissance d’une mise en scène rigoureuse qui cerne sans répit trois grands acteurs au sommet de leur talent, à savoir Sean Penn, Tim Robbins et Kevin Bacon (Eastwood ayant décidé, de lui-même, qu’il n’y avait pas dans son film un rôle correspondant à sa nature). Depuis Sudden Impact (83), Bird (88), Unforgiven (92), A Perfect World (93), The Bridges of Madison County (95), Absolute Power (97) et Midnight in the Garden of Good and Evil (97) – pour s’en tenir à quelques titres sélectionnés – on suit l’évolution de l’acteur/cinéaste, capable d’aborder les genres les plus différents (hommage au jazz, western démythifié, mélodrame passionné, film politique et fantasmes divers). Eastwood rejoint ainsi la tradition des auteurs les plus prestigieux du passé d’Hollywood, en un itinéraire passionnant, du cow-boy des lointains westerns-spaghetti aux personnages, souvent inquiétants, d’une mythologie américaine dévoyée. Un metteur en scène capital – qui fait honneur au cinéma américain moderne.
Trois jeunes garçons, trois copains, jouent dans une rue d’un faubourg populaire de Boston. Une voiture passe, avec deux hommes à bord, s’arrête. Un des hommes en descend. Altercation: sous un prétexte futile, Dave est poussé de force dans l’auto, enlevé. On saura plus tard qu’il a été violé.
25 ans ont passé. Dave, Sean et Jimmy se sont perdus de vue, ont suivi des voies différentes. On sent Dave mal dans sa peau – marqué par l’ancien traumatisme –, Jimmy a fait les 400 coups, y compris de la prison, puis s’est recyclé dans une vie de famille «normale», Sean fait partie de la police locale. Un nouveau drame va rapprocher les trois hommes: la fille de Jimmy est brutalement assassinée. Sean, secondé par un assistant (joué par Laurence Fishburne) conduit l’enquête. On devine assez vite qui peut être le coupable, mais ce qui compte, c’est cette ombre terrible qui va s’appesantir sur ces trois hommes (et leurs épouses). Comme un manteau de sang et de mort, tissé par les souvenirs terribles du passé.
C’est peu de dire que Sean Penn (Jimmy), Tim Robbins (Dave) et Kevin Bacon (Sean) sont saisissants de vérité: ils sont extraordinaires. Et les vrais vampires ne sont pas ceux du minable Underworld, mais les créatures issues de la bouche d’égoût dans la rue aux jeux innocents et fatals, ou de la rivière aux eaux noires et profondes. Quel film!
N.B.: La force des ténèbres était le titre français du film de Richard Thorpe, Night Must Fall (37), refait en 64 par Karel Reisz

EMPIRE/DUNES/
SODECO, ESPACE

Pas vu

Head of State,
de Chris Rock

Chris Rock en histrion de la comédie «politique» et, en plus, «écrit» et dirigé par lui-même? Non, merci! Même si le cabotinage politicien est, comme on le sait, la règle à Washington...

Circuit EMPIRE
(moins SOFIL), FREEWAY

Tout baigne

Finding Nemo,
d’Andrew Stanton

Après s’être occupé, entre autres, de Toy Story 1 et 2, Mille et une pattes et Monsters Inc, le studio Pixar signe son nouveau bijou, Finding Nemo. Produit par Disney, le dessin animé reste fortement marqué par la touche Pixar, lequel s’éloigne des stéréotypes généralement présents dans les derniers produits signés Walt. En guise d’exemple, Nemo présente non pas le voyage initiatique d’un enfant, mais plutôt celui d’un adulte. Ce dernier, nommé Marlin le poisson-clown, devra braver monts et marées, surpasser ses peurs et sa phobie de l’océan, afin de retrouver son fils Nemo, tenu prisonnier dans un aquarium.
Le monde aquatique du film a la qualité d’être cohérent et crédible, bien qu’il soit purement imaginaire et fictif. Les dessinateurs ont su sublimer cet univers en renforçant les couleurs, en esthétisant et en idéalisant les éléments marins. Les petites créatures, fortement individualisées malgré le fait qu’il s’agisse de poissons, offrent une large palette d’humour et de personnalité. Autre prouesse des dessinateurs: retranscrire le mouvement des poissons dans l’eau. L’équipe du film a, en effet, fait appel à Adam Summers, professeur au département Écologie et Évolution de l’Université de Californie: «Les animateurs ont réussi le tour de force de rendre clairement la différence entre évoluer dans un fluide incompressible comme l’eau et une fluidité compressible comme l’air».
Époustouflant, émerveillant, drôle et inventif, l’enchantement de Finding Nemo est une évidence.

CONCORDE, ABRAJ (v.f.),
ZOUK (v.f.)

Jackpot

Ah, si j’étais riche!
de Michel Muniz
et Gérard Bitton

Scénaristes de La vérité si je mens 1 et 2, Michel Muniz et Gérard Bitton signent là leur première réalisation. Ah, si j’étais riche! retrace la mauvaise période d’Aldo (Jean-Pierre Darroussin), un employé modeste dont la femme (Valéria Bruni-Tedeschi) a demandé le divorce. Gagnant de la grande cagnotte du Loto, il décide de lui cacher la nouvelle afin de ne pas avoir à partager sa nouvelle fortune.
Typique comédie à la française, ce film à l’atmosphère burlesque enchaîne les bonnes répliques et l’humour de circonstance. Bien que le thème de l’argent entraîne inévitablement des situations déjà vues au cinéma, comme de dîner dans un grand restaurant ou de jouer les «pretty women» dans une boutique chic, les réalisateurs offrent tout de même des situations nouvelles qui rafraîchissent l’ensemble. Si le choix du couple Darroussin-Tedeschi surprend à prime abord, une bonne alchimie se crée néanmoins entre les acteurs qui ont su apporter juste ce qu’il fallait à leur personnage, afin d’éviter la caricature et d’arriver à divertir et à charmer gentiment l’audience.

CONCORDE, ABRAJ, ZOUK

CINÉ-CLUBs

• Ciné-club de l’Alba
Roger Dodger, film américain de Dylan Kidd (2002), avec Campbell Scott, Isabelle Rossellini, Jennifer Beals (durée: 1h44). Le cas étrange d’un misanthrope qui se complaît dans des fantasmes de «ladies killer». On ne sait pas grand-chose de ce film peu connu – qui pourrait être intéressant – sauf que Campbell Scott passe pour y être remarquable.
Alba, ce soir-même, vendredi 21, à 19h
• Ciné-club de l’École supérieure des affaires
Suite du cycle «Documentaires»: Microcosmos, film franco-européen de Claude Nuridsany et Marie Perennou, présenté par Jacques Perrin (1996 – durée: 1h17). Étonnant. Le «peuple de l’herbe», filmé – caméras au ras du sol – avec une patience et une intelligence infinies. Ce film hors série a séduit une bonne partie du public américain. Plusieurs fois primé (date annoncée sous réserve).
Esa, rue Clemenceau, mardi 25, à 20h30
• Ciné-club du Centre culturel français
Suite du cycle-hommage à Arte: À vendre, un film de Laetitia Masson (1998), avec Sandrine Kiberlain, Jean-François Stévenin, Chiara Mastroianni (durée: 2h). À travers l’Europe et les États-Unis, un détective privé est lancé sur les traces d’une femme mystérieuse, partie «à la découverte du monde» (vaste programme!). Le film, lui aussi, est à découvrir.
Salle Montaigne, mercredi 26, à 19h15

RUBRIQUE RÉALISÉE PAR JEAN-PIERRE GOUX-PELLETAN
En attendant (impatiemment) la Semaine européenne (vendredi 28), la présente semaine est positive. Un très grand film sort – dans seulement trois salles!: «Mystic River», de Clint Eastwood, lequel est décidément à classer parmi les meilleurs cinéastes encore en activité à Hollywood. Au chapitre animation, une réussite des studios Pixar/Disney, «Finding Nemo» (d’Andrew Stanton), dont vous rend compte Dyma Demirdjian. Qui vous parle également de la comédie française de Gérard Bitton, «Ah, si j’étais riche!». Autre sortie signalée pour mémoire: «Head of State», de (et avec!) Chris Rock.Attention: vu la fête du ramadan, les programmes changeront le mardi 25, au lieu du jeudi 27.Sorties prévues pour le mardi 25/11 (sous réserve):– The Matrix Revolutions, des frères Wachowski, avec Keanu Reeves, Carrie-Anne...