Et même s’il a été « oublié » par le sélectionneur de l’équipe de France ces jours-ci, il attire la convoitise des grands clubs étrangers, notamment anglais.
Pourtant, celui qui fait les beaux jours de l’AS Monaco avec ses passes millimétrées et ses centres au cordeau a bien failli ne jamais devenir footballeur.
Le petit garçon rêvant d’imiter ses héros, qui avaient pour nom Michel Platini, David Ginola ou Leonardo et dont il collectionnait les figurines des albums Panini, s’est entendu dire un jour que son gabarit était un handicap pour le football.
« À seize ans, quand on a une passion, on ne pense pas à ces limites que les autres vous fixent, on est porté par le plaisir et le jeu, et forcément lorsqu’on entend ce type de jugement, ça vous marque. Le ciel vous tombe un peu sur la tête et le doute s’installe », dit-il.
Pourtant, même s’il était conscient de ne pas « être un monstre » au niveau physique, il a toujours pensé qu’en s’accrochant et « avec l’âge », il finirait par s’étoffer.
C’est cette adversité, en fait, qui lui forgea un caractère et le poussa à s’engager dans la filière contre vents et marées. Le « plan de carrière » qu’il s’est alors fixé, il en a franchi les étapes, de Clairefontaine (avec William Gallas et Thierry Henry) en passant par Caen et Troyes.
Soutenu par sa famille et par les formateurs de son parcours, Francis Coffillo à Clairefontaine, Pascal Théault à Caen et Alain Perrin à Troyes, il a accepté tous les rôles, « de faux numéro dix jusqu’à défenseur », pour s’aguerrir et prouver qu’il avait « le niveau ».
Dans le viseur de ce titi parisien, supporter du PSG, se trouvent les plus grands clubs et l’équipe de France.
Rêve d’Angleterre
Monaco a été la première marche vers ce haut niveau qu’il espérait un jour pouvoir effleurer.
Passage réussi avec, à la clé, une sélection pour la Coupe des confédérations. Cette saison, il enchaîne les matches de haut niveau, notamment en Ligue des champions avec un but et cinq passes décisives en cinq matches.
Pour l’équipe de France, en revanche, il lui faut patienter.
« Au vu de mes dernières prestations, il y a, c’est vrai, une grosse déception », reconnaît-il.
Mais Jérôme Rothen sait faire face. « J’ai appris dans mon parcours à devoir toujours patienter et prouver. En fait, en ce qui concerne l’équipe de France, il y a eu ma blessure (une entorse à la cheville gauche) qui m’a écarté de la sélection, alors que je m’étais bien intégré et que j’avais pu montrer mes qualités. »
« Entre-temps, d’autres ont marqué des points, mais je pense que je ne suis pas éliminé définitivement. Et ce sera au travers de gros matches et des performances avec mon club que je pourrais y prétendre a nouveau », dit-il. Déjà, en raison tant de sa blondeur que de son jeu, on le qualifie de David Beckham français, une comparaison qui le touche.
« Parce que ça veut dire que j’ai marqué les esprits avec Monaco. Et Beckham, c’est une référence mondiale par son jeu. » Il attire en tout cas de plus en plus les regards étrangers puisque la Juve, Arsenal, Fulham et Liverpool lui font les yeux doux.
Pas impossible donc de le voir prolonger son plan de carrière dans un grand club étranger pour étoffer son palmarès. L’Angleterre, qui héberge beaucoup de « Frenchies », pourrait être un de ses points de chute.
« C’est un football direct que j’aime bien et qui correspond a mon tempérament. J’aime bien le climat, la mentalité. Il y a une passion qui entoure le jeu, qui pousse un joueur à se surpasser, et j’y suis sensible », dit-il.
« Et surtout, ce serait l’occasion de progresser en se frottant au défi d’un autre football, c’est important dans notre métier de savoir aussi se remettre en question », dit-il.

