L’euro a reculé face au dollar hier sur les marchés des changes alors que les opérateurs procédaient à des prises de bénéfices après la forte progression de la monnaie unique dans la matinée à un nouveau plus haut historique (1,1979 $). Ce mouvement semble s’expliquer par une intervention de la Banque du Japon qui a acheté du dollar pour empêcher le yen de s’apprécier et d’entamer les exportations nippones. De plus, le billet vert a trouvé un certain appui dans la hausse de 2,9 % des mises en chantier de logements aux États-Unis en octobre pour atteindre 1,96 mil. d’unités en rythme annuel, leur plus haut niveau depuis janvier 1986, dans la mesure où l’immobilier est considéré comme la locomotive de la reprise des autres secteurs de l’économie. En outre, l’euro s’est ressenti des propos attribués au président de la Fédération de l’industrie allemande, Michael Rogowski, dans lesquels il s’est inquiété du niveau de la monnaie unique dont la force coûterait aux exportateurs une bonne partie de leur chiffre d’affaires, alors qu’on venait d’apprendre du ministre allemand de l’Économie, Wolfgang Clement, que la 1re économie de la zone euro restait très chancelante. Plus tôt dans la matinée, l’euro avait continué sa spectaculaire envolée de la veille à l’annonce d’une hausse de 0,3 % des prix à la consommation en France le mois dernier et de 2,2 % sur un an, laissant croire à un prochain relèvement des taux par la BCE, surtout après l’annonce d’Eurostat que la zone euro a enregistré en septembre un excédent commercial de 8,5 mds. EUR dont l’essentiel avec les États-Unis. Mais, il n’en demeure pas moins que les facteurs militant en faveur du dollar ont finalement repris le dessus, abstraction faite des poursuites judiciaires contre 47 courtiers sur le marché des changes de New York pour des « actes criminels » (voir par ailleurs). Il s’est, en effet, négocié sur cette place à 1,1885 pour un euro contre 1,1960 la veille, à 1,6980 pour un sterling contre 1,7025, à 1,3075 FS contre 1,2935 et à 109,30 yens contre 108,10.
En Bourse, les marchés US ont renoué avec la hausse, alors que les opérateurs ignoraient le dernier scandale financier secouant la place de New York et se concentraient sur l’actualité économique et les résultats des sociétés. Selon les analystes, la cote a déjà intégré beaucoup de mauvaises nouvelles, les investisseurs estimant devoir procéder à une chasse aux bonnes affaires. Quant aux Bourses européennes, elles ont toutes fini en baisse, affectées par les sociétés les plus exposées à la baisse du dollar.
À Beyrouth, le dollar continuait à être recherché par certaines banques en l’absence d’une contrepartie valable à l’offre, le maintenant entre 1 516,50 et 1 517,50 LL sur le marché interbancaire.
À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la hausse de 17 648 actions A et de 1 000 actions B de Solidere de 4,26 à 4,28 $ et de 4,30 à 4,42 $ respectivement avec la stabilité de 1 000 actions C de la Byblos Bank à 1,70 $ et de 25 000 certificats GDR de la Blom Bank à 23 $.
Élie KAHWAGI
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