Rechercher
Rechercher

Actualités

l’État hébreu dénonce « le double jeu » de l’Égypte

La violente sortie hier du président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset contre l’Égypte, qualifiée de « facteur hostile » à Israël, illustre les rapports méfiants entre les deux pays pourtant liés par un traité de paix depuis 1979.
Cet éclat du député Youval Steinitz est d’autant plus frappant qu’il survient au lendemain du début d’une visite de bons offices du général Omar Souleimane, chef du service des renseignements égyptiens, pour instaurer une trêve des groupes armés palestiniens qui permettrait au Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï de conclure un cessez-le-feu avec Israël. « Ce qui se passe est particulièrement grave, car sur le terrain palestinien entre un facteur hostile à Israël, également hostile à mon avis au processus de paix, et c’est l’Égypte », a déclaré M. Steinitz, un député du Likoud (droite), la formation du Premier ministre Ariel Sharon, dans une déclaration publique sans précédent contre l’Égypte, à la radio israélienne. L’Égypte est le premier pays arabe à avoir conclu un traité de paix avec Israël. Mais en dépit des attentes suscitées par cette percée historique, surtout en Israël, cette paix est toujours restée une « paix froide ».
Le député Steinitz a carrément accusé l’Égypte de double jeu, son seul objectif étant selon lui, sous couvert d’agir pour une trêve, d’empêcher le démantèlement des groupes armés, tel le Hamas, qui pourraient un jour servir les desseins hostiles qu’il lui attribue.
Le député israélien a accusé en outre l’Égypte de « soutenir le terrorisme » en fermant les yeux sur la contrebande d’armes et d’explosifs entre le territoire égyptien et la bande de Gaza.
À l’instar de la Jordanie, deuxième pays arabe avec lequel Israël a conclu un traité de paix (1994), l’Égypte a rappelé son ambassadeur en Israël peu après le déclenchement de l’intifada, fin septembre 2000, pour dénoncer la répression militaire israélienne.
Le président Hosni Moubarak qui a succédé au président Anouar al-Sadate, signataire du traité de paix avec Israël, après son assassinat (1981), n’a mis les pieds qu’une seule fois en Israël, à l’occasion des funérailles du Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin assassiné en novembre 1995. Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Sharon, en mars 2001, les contacts entre les deux pays se sont tenus par l’entremise d’émissaires, alors que ceux entre MM. Moubarak et Sharon n’ont jamais dépassé le niveau d’une conversation téléphonique.
En février 2003, M. Moubarak a un moment envisagé d’inviter M. Sharon au Caire, mais la presse égyptienne l’en avait aussitôt dissuadé, qualifiant M. Sharon de « boucher, terroriste et vampire ». Fin mai dernier, Israël s’était opposé à ce que le sommet tripartite prévu entre le président américain George W. Bush, M. Sharon et son homologue palestinien Mahmoud Abbas se tienne sur le sol égyptien et le sommet avait finalement eu lieu à Aqaba (Jordanie).

L’Égypte décidée à poursuivre son rôle de médiateur
Mais l’Égypte a affirmé qu’elle entendait poursuivre son rôle de médiateur au Proche-Orient en dépit de critiques israéliennes de plus en plus acerbes.
Le chef de la diplomatie égyptienne Ahmed Maher a d’ailleurs estimé hier que les virulents propos antiégyptiens étaient « sans aucun poids » et ne représentaient pas « le sentiment général en Israël ».
En jouant les médiateurs entre Israéliens et Palestiniens ou entre les mouvements palestiniens, le président Hosni Moubarak cherche ainsi à prévenir tout débordement de la violence vers son territoire, et il répond aux critiques de son opinion publique qui reproche aux régimes arabes de ne rien faire pour stopper les « agressions israéliennes » contre les Palestiniens. Ce rôle traditionnel de médiateur assure aussi à l’Égypte une place de premier rang dans la région, et justifie la poursuite de l’aide américaine, qui est d’environ deux milliards de dollars par an.
La violente sortie hier du président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset contre l’Égypte, qualifiée de « facteur hostile » à Israël, illustre les rapports méfiants entre les deux pays pourtant liés par un traité de paix depuis 1979.Cet éclat du député Youval Steinitz est d’autant plus frappant qu’il survient au lendemain du début d’une visite de bons offices du général Omar Souleimane, chef du service des renseignements égyptiens, pour instaurer une trêve des groupes armés palestiniens qui permettrait au Premier ministre palestinien Ahmed Qoreï de conclure un cessez-le-feu avec Israël. « Ce qui se passe est particulièrement grave, car sur le terrain palestinien entre un facteur hostile à Israël, également hostile à mon avis au processus de paix, et c’est...