Le dollar est resté très fragile face aux autres grandes monnaies, notamment l’euro, sur les marchés des changes internationaux, souffrant des mauvaises nouvelles qu’elles soient économiques ou géopolitiques. Il s’est sensiblement déprécié juste après l’annonce par le département US du Travail que les prix à la consommation aux États-Unis sont restés inchangés en octobre par rapport à septembre, alors que les analystes tablaient sur une hausse de 0,1 %. Ce développement, qui est intervenu hier, après la hausse de 0,8 % des prix à la production, a confirmé non seulement la difficulté pour les entreprises US de répercuter sur les consommateurs la hausse des prix que leur imposent leurs fournisseurs, mais surtout le fait qu’une inflation moins élevée que prévu amoindrit les chances de la Fed de relever ses taux d’intérêt. De plus, les nouvelles selon lesquelles Washington pourrait imposer des quotas pour les importations de texile, au lendemain d’une mesure pareille pour les importations d’acier, ont sensiblement inquiété les investisseurs dans la mesure où cela ne préjuge rien de bon pour les échanges mondiaux et pave la voie à une guerre commerciale, surtout avec l’Europe. Dans ce contexte, les craintes d’une sortie massive des capitaux en dehors des États-Unis n’ont pas tardé à profiter à l’euro qui a facilement franchi à la hausse le seuil de 1,1950 $ pour la 1re fois depuis son lancement. Cela d’autant que les marchés venaient d’apprendre du département US du Trésor que les investisseurs étrangers ont clairement moins investi aux États-Unis en septembre, entraînant un énorme déficit de la balance US des comptes courants. D’autres facteurs ont continué de miner le dollar, à savoir l’aggravation des tensions géopolitiques après le double attentat-suicide en Turquie et les menaces perpétrées contre les Américains par el-Qaëda. Les opérateurs, qui sont d’accord pour estimer que l’euro devrait progresser encore, ont continué de se débarrasser du billet vert qui s’est négocié à New York à 1,1950 pour un euro contre 1,1755 la veille, à 1,7025 pour un sterling contre 1,6925, à 1,2945 FS contre 1,3240 et à 108,05 yens contre 108,90.
En Bourse, les marchés US se sont davantage tassés après avoir essayé de repartir à la hausse sur des bonnes nouvelles de Home Depot. Le recul de 0,8 % des ventes des chaînes de grands magasins, la semaine dernière, le scandale des « mutual funds » et les craintes de représailles commerciales contre les États-Unis ont continué de peser sur la tendance. Il en est de même des Bourses européennes qui ont directement subi les effets de l’appréciation de l’euro.
À Beyrouth, le dollar est resté recherché entre 1 516,50 et 1 517,50 LL à des fins de couverture des positions de change de certaines banques de la place.
À la Bourse de Beyrouth, la tendance était soutenue par la hausse de 14 586 actions A de Solidere de 4,21 à 4,26 $, alors que 7 500 actions C de la Byblos Bank et 8 030 certificats GDR de la Blom Bank se maintenaient à 7,82 $ et à 23 $ respectivement.
Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le dollar est resté très fragile face aux autres grandes monnaies, notamment l’euro, sur les marchés des changes internationaux, souffrant des mauvaises nouvelles qu’elles soient économiques ou géopolitiques. Il s’est sensiblement déprécié juste après l’annonce par le département US du Travail que les prix à la consommation aux États-Unis sont restés inchangés en octobre par rapport à septembre, alors que les analystes tablaient sur une hausse de 0,1 %. Ce développement, qui est intervenu hier, après la hausse de 0,8 % des prix à la production, a confirmé non seulement la difficulté pour les entreprises US de répercuter sur les consommateurs la hausse des prix que leur imposent leurs fournisseurs, mais surtout le fait qu’une inflation moins élevée que prévu amoindrit les chances de la Fed de relever ses...