En quatre éditions du Mondial, jamais encore le tenant n’a réussi à atteindre la finale de l’édition suivante. Vainqueurs en 1987, les Néo-Zélandais ont échoué en demi quatre ans plus tard contre l’Australie, futur champion. En 1995, les Wallabies n’ont même pas franchi le cap des quarts. En 1999, c’est l’Afrique du Sud qui a été stoppée en demi par les Australiens.
Chez les Néo-Zélandais, l’ambiance est au beau fixe. Pas de blessés, un parcours sans souci en première phase avec trois victoires faciles (Italie 70-7, Camana 68-6, Tonga 91-7) suivies d’un petit coup de chaud : vaincu (53-37), le pays de Galles leur a néanmoins tenu la dragée haute pendant une heure.
L’avertissement, sans frais, a servi. Contre l’Afrique du Sud (29-9 en quart), la démonstration néo-zélandaise a prouvé que les trous en défense dont avaient profité les Gallois n’avaient été que distractions pour cause d’excès de confiance.
Atouts
Humiliés en 1999 en demi-finale par les Français (43-31), les All Blacks jurent avoir retenu la leçon. Aucun risque cette fois qu’ils sous-estiment l’adversaire, a promis leur capitaine Reuben Thorne, l’un des quatre rescapés du samedi noir d’octobre 99.
Les atouts majeurs des Blacks sont derrière. Avec l’arrière Muliaina, les ailiers Howlett et Rokocoko (17 essais à eux trois sur les 42 déja inscrits par les Blacks), les puissants centres Mauger et MacDonald, le tout sous la baguette magique de l’ouvreur Carlos Spencer.
Côté Wallabies, l’atmosphère est très nettement morose. Ils ne sont même pas assurés de compter – surtout si cela ne va pas trop bien pour eux – sur le soutien des 80 000 spectateurs du stade olympique. Car l’opinion se défie de plus en plus d’un XV national qui, lors de ses cinq premiers matches du Mondial, a été à l’image de toute sa saison : peu convaincant. « On aimerait être mieux dans le jeu. On joue en deçà de ce qu’on attendait, reconnaît aisément l’entraîneur Eddie jones. Il faudra qu’on joue beaucoup mieux que contre l’Écosse », éliminée 33-16 en quart de finale.
Confiant
Battus deux fois par les Néo-Zélandais lors du Tri-Nations 2003, en juillet (50-21) et septembre (21-17), les Australiens continuent de chercher leur jeu depuis le début du Mondial. Si l’on fait abstraction de succès sans signification contre la Roumanie (90-8) ou la Namibie (142-0), ils ont dû se contenter de victoires au rabais sur l’Argentine (24-8) et l’Irlande (17-16) au premier tour, sur l’Écosse en quart de finale (33-16). Jamais ils n’ont gagné avec la manière et les choix d’Eddie Jones, entre entêtement et tâtonnements, n’ont pas résolu les problèmes rencontrés en conquête, notamment en touche, ou dans le jeu au large qui manque cruellement de profondeur.
George Gregan, demi de mêlée, capitaine aux près de 100 sélections, a été la cible des critiques au même titre que son compère ouvreur Stephen Larkham ou les transfuges du XIII, l’ailier-bulldozer Wendell Sailor ou l’arrière-funambule Mat Rogers. Eddie Jones a néanmoins conservé le même XV que celui qui a évolué contre l’Écosse. En se disant confiant « à 100 pour 100 ».
Il a même trouvé la solution : « Le duel sur les placages sera la clé du match. Il est important de gagner le ballon et de l’utiliser le plus vite possible. » Reste à y parvenir.

