La présidente Chandrika Kumaratunga et le chef du gouvernement de cohabitation Ranil Wickremesinghe ont eu près de deux heures et demie de discussions à huis clos, mais ni l’un ni l’autre ne se sont montrés prêts à un compromis, a-t-on appris auprès des deux camps. Ils sont toutefois convenus de se retrouver la semaine prochaine.
Il s’agissait de leur première rencontre depuis que Mme Kumaratunga a renvoyé trois ministres du gouvernement, dont celui de la Défense, la semaine dernière et suspendu le Parlement jusqu’au 19 novembre.
Les deux adversaires se sont mis d’accord sur la publication ultérieure d’un communiqué commun disant qu’ils s’étaient rencontrés et voulaient avoir de nouvelles discussions la semaine prochaine avec les dirigeants de petits partis soutenant le gouvernement de M. Wickremesinghe.
Selon une source proche du Premier ministre, M. Wickremesinghe n’a pas explicitement réclamé qu’on lui rende les trois ministères perdus, mais il a affirmé ne pas pouvoir poursuivre le processus de paix avec la guérilla de la minorité tamoule sans un contrôle de l’ensemble du gouvernement.
Il a proposé à la présidente, qui assume les portefeuilles de la Défense, de l’Intérieur et de l’Information après en avoir renvoyé les titulaires, de mener elle-même la suite des efforts de réconciliation soutenus par la communauté internationale.
Mme Kumaratunga, quant à elle, ne s’est pas engagée mais a exprimé ses craintes sur une détérioration de la sécurité nationale. Elle accuse le gouvernement de l’avoir compromise par des concessions excessives aux rebelles.
Une mission norvégienne tente pendant ce temps au Sri Lanka de sauver le processus de paix bloqué par la crise au sein de l’exécutif et de relancer les négociations entre le gouvernement et les Tigres tamouls suspendues depuis avril.
Un porte-parole de la présidente, Sarath Amunugama, a déclaré que Mme Kumaratunga n’avait pas l’intention de dissoudre le Parlement ni de rendre le portefeuille de la Défense.

