Le rassemblement de Washington a réuni environ 20 000 personnes, soit le plus important depuis la fin des principales opérations de combat annoncée par le président George W. Bush le 1er mai. À San Francisco, plus de 4 000 manifestants ont marché pour « la fin de l’occupation de l’Irak ».
Ces manifestations se voulaient au diapason d’une opinion publique de plus en plus réservée sur les opérations en Irak : selon une étude publiée mardi dernier par l’institut de recherches Pew, 39 % des Américains souhaitent que les troupes quittent le pays dès que possible, contre 32 % en septembre.
À Washington, les manifestants se sont rassemblés sur le « Mall », la pelouse qui s’étale au pied du Congrès, à quelques centaines de mètres de la Maison-Blanche, en brandissant des banderoles pacifistes rédigées en arabe, en hébreu, en espagnol, en coréen et en anglais. « Bush a menti, des gens sont morts », et « ramenez les boys à la maison » ont scandé les opposants, en brandissant des pancartes montrant des caricatures du président Bush et du vice-président Dick Cheney. « Nous voulons être entendus jusqu’à Bagdad », a lancé l’une des organisatrices, Nancy Lessen, suscitant des cris d’enthousiasme de la foule qui brandissait des ombrelles marquées de symboles pacifistes.
L’un des neuf candidats démocrates à l’élection présidentielle de 2004, le révérend Al Sharpton, a accusé M. Bush de « mensonges ». « Nous avions raison lorsque nous disions que Bush induisait la population en erreur et nous avons encore raison aujourd’hui », a lancé M. Sharpton. L’ancien ministre de la Justice de l’Administration de Lyndon Johnson (1967-69) Ramsey Clark, à l’origine d’une campagne pour destituer M. Bush, a accusé le président d’avoir fait des États-Unis « des hors-la-loi internationaux ». « Aujourd’hui, personne n’a encore trouvé d’armes de destruction massive, le régime irakien n’était pas el-Qaëda et Saddam Hussein n’était pas Oussama Ben Laden », a hurlé au micro un ancien combattant d’une unité d’infanterie servant en Irak, Michael McPherson. Parallèlement, au Portugal et en Corée du Sud des pacifistes ont manifesté contre l’envoi de troupes en Irak. En Turquie, une quinzaine de manifestants ont été interpellés alors qu’ils tentaient de manifester à Istanbul contre l’envoi de soldats en Irak.


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