« Ce sont les États-Unis qui ont demandé l’envoi de soldats turcs en Irak. Ce n’est pas nous qui insistons pour le faire. Nous n’avons nullement l’intention de forcer le passage pour nos soldats en Irak », a affirmé hier le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Il a toutefois reconnu que la demande américaine demeurait d’actualité, ajoutant, lors d’une visite officielle à Douchanbé, au Tadjikistan, que « si nécessaire nous y enverrons des soldats ».
Plusieurs autres dirigeants ont clairement souligné que c’est aux États-Unis de convaincre leurs alliés irakiens du bien-fondé de la participation de la Turquie à la coalition de maintien de la paix. Sachant l’opinion publique turque très hostile au projet, certains laissent entendre qu’ils se satisfont fort bien du blocage actuel.
Même les discussions sur les modalités d’un déploiement demeurent pour le moment au point mort, reconnaissent des responsables turcs et américains. Mardi, le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld semblait reconnaître lors d’une conférence de presse que les Turcs se montraient eux aussi difficiles.
Selon Bulent Aliriza, un analyste au centre d’études stratégiques et internationales à Washington, les responsables américains sont particulièrement pessimistes en raison du blocage actuel.
Et le récent vote du Conseil de sécurité de l’Onu, autorisant une force internationale pour l’Irak, complique la position américaine car les Nations unies ont apporté leur caution au Conseil de gouvernement transitoire irakien.
Washington espère convaincre à terme les Irakiens d’accepter la présence de soldats turcs, selon un diplomate en poste à Ankara. Mais le facteur temps risque également de jouer contre un déploiement turc, reconnaît-il en ajoutant : « Si on y passe trop de temps, l’enthousiasme du gouvernement turc risque de retomber ».

