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Le Goncourt, le plus vendeur mais pas le moins critiqué

Le prix Goncourt, qui célèbre cet automne son centenaire, fait vendre davantage de livres que ses concurrents (Renaudot, Femina, Médicis, Académie française) mais reste, depuis très longtemps, critiqué par tous ceux (éditeurs et écrivains) qui savent à l’avance qu’ils n’auront jamais ce prix pour des raisons extralittéraires.
Le premier Goncourt a été décerné en 1903 à John-Antoine Nau pour Force ennemie. Un même écrivain, Romain Gary, l’a reçu deux fois, sous son nom pour Les racines du ciel en 56 et sous le pseudonyme d’Émile Ajar pour La vie devant soi en 75.
La création d’une académie (destinée notamment à aider des auteurs et à « encourager les lettres ») était une idée de longue date des frères Goncourt. C’est Edmond qui la concrétisera, Jules étant décédé en 1870.
Par testament, il prévoit que le produit de la vente de ses collections et de sa bibliothèque servira à créer cette académie, laquelle décernera un prix annuel à une œuvre d’imagination, prix « donné à la jeunesse, à l’originalité du talent, aux tentatives nouvelles et hardies de la pensée et de la forme ».
En 1903, 5 000 francs (ce que lauréat touche) est une somme importante. Les dévaluations aidant, les ressources de la fondation s’épuisent : le lauréat ne touche plus qu’un chèque symbolique de 50 francs (qu’il n’encaisse généralement pas).
En revanche, le tirage moyen de 5 000 exemplaires au début du siècle est passé à 100 000 avant la guerre et beaucoup plus après : plus d’un million pour L’amant de Marguerite Duras ou autour du million pour Rouge Brésil de Jean-Christophe Rufin.
Un siècle après, manifestations et publications marquent cet anniversaire.
Une exposition sur les Goncourt à la Bibliothèque nationale de France (BNF) aura lieu du 9 décembre 2003 au 27 février 2004, à partir des manuscrits du Journal des deux frères. Ces documents sont exposés pour la première fois.
Un colloque aura lieu en novembre à la BNF sur Les Goncourt dans leur siècle et un autre, au Sénat, les 20 et 21 décembre, intitulé « Un siècle de Goncourt ».
Reste que, grâce au Goncourt mais aussi aux autres récompenses littéraires, la période des prix, fin octobre, demeure le seul moment de l’année où la littérature fait la une des médias.
Le prix Goncourt, qui célèbre cet automne son centenaire, fait vendre davantage de livres que ses concurrents (Renaudot, Femina, Médicis, Académie française) mais reste, depuis très longtemps, critiqué par tous ceux (éditeurs et écrivains) qui savent à l’avance qu’ils n’auront jamais ce prix pour des raisons extralittéraires.Le premier Goncourt a été décerné en 1903 à John-Antoine Nau pour Force ennemie. Un même écrivain, Romain Gary, l’a reçu deux fois, sous son nom pour Les racines du ciel en 56 et sous le pseudonyme d’Émile Ajar pour La vie devant soi en 75.La création d’une académie (destinée notamment à aider des auteurs et à « encourager les lettres ») était une idée de longue date des frères Goncourt. C’est Edmond qui la concrétisera, Jules étant décédé en 1870.Par testament, il...