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L’attaque de Gaza accroît les risques pour Arafat

L’attentat antiaméricain de mercredi dans la bande de Gaza a accru pour Yasser Arafat le risque de voir Israël mettre en pratique sa décision de principe de se débarrasser de lui, estimaient hier plusieurs analystes.
« Le résultat de la poursuite de cette violence est d’affaiblir la détermination américaine à s’opposer à une action israélienne pour expulser Arafat », a affirmé l’analyste palestinien Khalil Shikaki.
Officiellement, les États-Unis restent opposés à ce que le gouvernement d’Ariel Sharon mette à exécution sa décision prise le 11 septembre après deux attentats-suicide palestiniens.
Malgré les sévères critiques lancées après l’attentat par le président George W. Bush contre le leader palestinien, « notre position à propos d’Arafat n’a pas changé », indiquait-on jeudi de source diplomatique américaine.
À savoir que « nous ne pensons pas que les Israéliens doivent se débarrasser de lui à ce stade », expliquait-on de même source. L’expression « à ce stade » laissait toutefois entendre que l’opposition américaine n’était peut-être pas définitive. C’est en tout cas ce que pense M. Shikaki, qui dirige un Centre d’études à Ramallah (Cisjordanie). L’attentat, perpétré à l’aide d’un engin télécommandé ayant explosé au passage d’un convoi de véhicules diplomatiques américains, « aura sans doute un plus grand impact (sur la position américaine vis-à-vis d’Arafat) que la violence habituelle contre les Israéliens, parce qu’il visait des Américains », explique-t-il. Il s’agissait du premier attentat palestinien contre des Américains, et même des étrangers.
Pour M. Shikaki, cela signifie que « la détermination américaine » à bloquer une expulsion ou une liquidation d’Arafat « est probablement déjà affaiblie ». Le sort de M. Arafat semblait donc dépendre de sa réaction à l’attentat. La rapidité avec laquelle il l’a condamné et les termes qu’il a employés montraient d’ailleurs qu’il l’avait parfaitement compris.
Mais il doit maintenant agir. « L’attentat constitue pour Arafat le moment de vérité, car dorénavant, les Américains vont l’observer à la loupe », écrivait hier Roni Shaked dans le Yediot Aharonot, le plus grand quotidien israélien.
S’il ne fait rien, poursuivait-il, « il risque de se retrouver hors des Territoires, après que les Américains auront donné leur feu vert à Israël ».
Il est donc essentiel que M. Arafat parvienne à convaincre les États-Unis qu’il remue ciel et terre pour retrouver les coupables, comme ils l’ont sommé de le faire.
Le leader palestinien a ainsi annoncé la mise sur pied d’une commission d’enquête pour trouver les auteurs de ce qu’il a qualifié d’attaque « ignoble, honteuse et grave contre les Américains », allant à décrire ceux-ci comme « nos amis », alors que Washington soutient à fond M. Sharon.
Si cet effort est réel, « cela aidera Arafat », a estimé M. Shikaki.
Il estime toutefois que son sort est scellé et que son expulsion est « inévitable », le moment dépendant des attentats à venir.
L’analyste israélien Ephraïm Inbar ne doute pas, lui non plus, que l’attentat « facilite » une action israélienne contre M. Arafat.
Le ministre des Affaires étrangères israélien, Sylvan Shalom, l’a d’ailleurs de nouveau prôné hier (voir par ailleurs).
Mais M. Inbar, qui dirige le Centre Begin-Sadat pour les études stratégiques de l’Université Bar Ilan, à Tel-Aviv, souligne que tout dépend de M. Sharon. Or, estime-t-il, celui-ci « est réticent à prendre cette mesure ».
L’attentat antiaméricain de mercredi dans la bande de Gaza a accru pour Yasser Arafat le risque de voir Israël mettre en pratique sa décision de principe de se débarrasser de lui, estimaient hier plusieurs analystes.« Le résultat de la poursuite de cette violence est d’affaiblir la détermination américaine à s’opposer à une action israélienne pour expulser Arafat », a affirmé l’analyste palestinien Khalil Shikaki.Officiellement, les États-Unis restent opposés à ce que le gouvernement d’Ariel Sharon mette à exécution sa décision prise le 11 septembre après deux attentats-suicide palestiniens.Malgré les sévères critiques lancées après l’attentat par le président George W. Bush contre le leader palestinien, « notre position à propos d’Arafat n’a pas changé », indiquait-on jeudi de source...