Six nouvelles coupures, de 50, 250, 1 000, 5 000, 10 000 et 25 000 dinars remplaceront les anciens billets.
Les Irakiens disposent d’un délai de trois mois pour échanger leurs anciens billets. D’ici là ils peuvent toujours les utiliser.
Les banques ont commencé à procéder à l’échange à 08h00 (05h00 GMT) sous haute protection militaire américaine.
Le secrétaire américain au Commerce Donald Evans a lancé formellement cette nouvelle monnaie lors d’une cérémonie à l’aéroport de Bagdad.
M. Evans a estimé que le nouveau dinar irakien marquait « une étape » pour l’économie irakienne.
« C’est une étape vers un pays libre », a-t-il assuré à l’occasion du lancement de la nouvelle monnaie.
La nouvelle monnaie représente un symbole qui montre que le pays est en train d’évoluer vers une économie « plus sûre et confiante » et « les investisseurs auront confiance en cela », a-t-il affirmé. La nouvelle monnaie « envoie un message fort aux gens qui ont vécu ici dans la peur » du fait que le nouveau billet n’inclut plus le visage de Saddam Hussein, a-t-il estimé.
« Nous remplaçons la tyrannie et la peur par l’espoir, l’optimisme et de nouvelles perspectives d’avenir », a-t-il encore estimé.
L’administrateur civil américain de l’Irak, Paul Bremer, avait annoncé en juillet que de nouveaux billets remplaceraient le dinar irakien utilisé depuis 1991. Les sanctions internationales imposées à l’Irak après son invasion du Koweït avaient forcé Bagdad à recourir à des compagnies locales pour imprimer la monnaie.
La monnaie utilisée avant 1991 – connue comme le « dinar suisse» bien que les billets eussent été imprimés en Grande-Bretagne – circule toujours dans la partie du Kurdistan (nord) qui a échappé au contrôle gouvernemental après la guerre du Golfe.
La nouvelle monnaie aura la même valeur que les « dinars Saddam » circulant actuellement, mais un « dinar suisse » vaudra 150 nouveaux dinars.
La Banque centrale a indiqué que le nouveau dinar serait « convertible en dollar et autres devises internationales au taux du marché des changes ». Le taux actuel est d’environ 2000 dinars irakiens pour un dollar.
Les responsables financiers espèrent que cette nouvelle monnaie contribuera à stabiliser les prix.
Imprimée en Grande-Bretagne, la nouvelle monnaie est censée être de meilleure qualité que l’ancienne qui était facilement reproduite par les faussaires.
Les nouveaux billets ont été conçus en tenant compte des procédés les plus modernes devant empêcher leur falsification : fil dans le billet, filigranes, signes à l’encre variant en fonction de l’angle de vue et « autres spécifications invisibles », avait indiqué début octobre le gouverneur adjoint de la Banque centrale, Ahmed Salmane Mohammed.
L’imprimé des nouveaux billets rend hommage au patrimoine culturel du pays, illustrant notamment des scènes ou des paysages des temps de l’ancienne Mésopotamie.
Sur le billet de 10 000 dinars, gris-vert, on peut voir la mosquée penchée de Mossoul, sur celui de 25 000 le roi de Babylone Hammourabi.


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