Le trentenaire aux 29 sélections s’explique : « L’état d’esprit de notre groupe dépend surtout des garçons qui ne jouent pas ou qui jouent peu, de leur façon de l’accepter, de leur capacité à s’y adapter et de leur volonté à participer à la vie du groupe voire à aider les titulaires. »
« Si un seul d’entre eux le vivait mal, l’équilibre de toute l’équipe de France en serait bouleversé voire peut-être en danger », prévient Dominici, auteur de deux essais contre les Fidji.
« Le rôle de ces huit garçons est donc capital ».
Ces « costards-cravates » sont les huit joueurs qui ne figurent pas dans la liste des 22, quinze titulaires et sept remplaçants, sélectionnés pour une rencontre.
Lors du match, ces huit joueurs sont assis, en costume, dans la tribune principale du stade.
Samedi dernier, lors de la première victoire de l’équipe de France contre les Fidji, Xavier Garbajosa était l’un de ces huit « costards-cravates ».
« Certes, c’est frustrant à vivre. Mais c’est la règle acceptée par tous avant de venir en Australie », dit-il.
Puis « Garba » le Toulousain se réconforte en attendant sa 33e sélection, peut-être samedi prochain contre le Japon : « Et on sait aussi que les gars sur le terrain pensent fort à nous. »
Son aîné Dominici confirme : « Pendant les hymnes, nous les avons juste en face de nous. Alors, je les regarde. Je me dis, encore une fois, que j’ai de la chance d’être sur le terrain et que par respect pour eux je ne dois pas la gâcher. »
Quant à Jean-Baptiste Crenca, 34 ans, il accorde aussi « un rôle prépondérant aux remplaçants, particulièrement aux huit gars qui ne figurent pas sur la feuille de match ».
Le demi d’ouverture Gérald Merceron, « doublure » de Frédéric Michalak, est prêt à revêtir le « costard-cravate ».
« Si un jour je fais partie de ces huit, je ferai mon maximum pour aider les autres. Et j’espère que tout le monde réagira et réagirait ainsi. Tous les jours, je positive en me disant que le travail abattu avec l’équipe de France me servira, même si je ne joue pas beaucoup en Coupe du monde, avec mon club, en rentrant. »

