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Formule 1 Michael Schumacher et Fangio, l’impossible comparaison (photos)

Michael Schumacher (Ferrari) n’a cesse de le répéter, tenter une comparaison avec le mythique Juan Manuel Fangio, qu’il a dépassé dimanche au firmament de la Formule 1 en remportant un sixième titre mondial au Grand Prix du Japon, est chose impossible.
Quelques heures après l’arrivée, dimanche à Suzuka, l’Allemand refusait une nouvelle fois, comme depuis de longs mois, d’être comparé à l’Argentin. « Il ne serait pas honnête de vouloir le faire, déclarait Schumacher. Ce qu’a réalisé Fangio dans les conditions de sécurité qui étaient celles de l’époque est tout simplement exceptionnel ». Tout comme le pilote de la Scuderia repoussait l’idée d’être devenu une légende vivante. « Il ne faut pas comparer Michael à Fangio, pas plus qu’à Prost ou à Senna », disait quant à lui Rubens Barrichello, vainqueur de l’épreuve nippone et équipier de l’Allemand. « Autre époque, autres conditions, il ne serait pas convenable de rentrer dans ce jeu », entendait-on dans le paddock de Suzuka.
Si Michael Schumacher et Juan Manuel Fangio ont des points en commun, même sens stratégique, même capacités physiques supérieures... et même amour du football, il n’empêche.

Pas d’adversaire
Quand l’Allemand débuta en F1, il n’avait que 22 ans et demi. Depuis, il a couru 195 Grands Prix. Fangio, lui, en avait près de 40 à ses débuts et n’a disputé que 51 courses, les saisons dans les années 1950 ne comportant que sept, voire huit épreuves seulement.
Et surtout, Michael Schumacher n’a pas eu à affronter des adversaires à sa mesure, contrairement à Fangio qui, sur sa route, trouvait les Italiens Giuseppe Farina, premier champion du monde de l’histoire, Luigi Fagioli, Alberto Ascari, l’Argentin Froilan Gonzalez ou le Britannique Mike Hawthorn.
Quand Schumacher est arrivé en F1, le Français Alain Prost s’apprêtait à quitter la discipline (fin 1993) tandis que le Brésilien Ayrton Senna devait se tuer le 1er mai 1994 à Imola.
« Je pense que Michael a fait quelque chose d’extraordinaire. On doit dire aussi que dans toute sa carrière il n’a pas trouvé de grands adversaires sur son chemin. Honnêtement, quand il a affronté de grands rivaux comme Villeneuve ou Hakkinen, il a chaque fois perdu le titre », estimait ainsi Flavio Briatore.

Qui sait si Prost ou Senna...
Le directeur de Renault, hier patron de Benetton, connaît bien Michael Schumacher pour avoir lancé sa carrière, l’Allemand enlevant ses deux premiers titres (1994 et 1995) sous ses ordres.
« Michael, ensuite, a très bien travaillé. Il a eu une très bonne voiture et, si on regarde bien, le deuxième pilote Ferrari n’a jamais gagné le championnat. Ça, c’est le mérite de Michael. Mais il n’a jamais trouvé sur sa route un Prost, un Senna, un Piquet », insistait Briatore. Qui sait si Prost n’aurait pas fait mieux que Michael Schumacher si le Français n’avait pas trouvé face à lui Nelson Piquet, Niki Lauda puis surtout Ayrton Senna ? Idem pour le Brésilien. Prost et Senna, la rivalité exacerbée de ces deux champions hors du commun a permis d’écrire les plus belles pages de l’histoire de la Formule 1. Pendant plusieurs années, ils se sont partagé titres et victoires. Depuis le départ de Mika Hakkinen, le manque de performance des voitures de Jacques Villeneuve, Michael Schumacher, lui, a été seul. Et si demain Juan Pablo Montoya, Kimi Raikkonen et le petit dernier Fernando Alonso ne disposent pas de voitures suffisamment fiables et performantes, l’Allemand pourra poursuivre sa moisson de victoires, de titres, d’ici à la fin de son contrat chez Ferrari, fin 2006. Après quinze saisons pleines de F1...
L’Italie célèbre le héros « made in Italy »
«Rossa ! Rossi ! » (jeu de mots entre la couleur rouge, « rossa », des Ferrari et le patronyme du champion de moto Valentino Rossi) proclamait le quotidien italien La Gazzetta dello sport lundi, célébrant ainsi le dimanche triomphant du sport italien.
« Michael, tu es l’un des nôtres, avec le volant et le cœur, avec ton perfectionnisme teuton et ta prononciation de l’italien un peu pataude ! », s’est exclamé le quotidien sportif, pour fêter le 6e titre mondial de l’Allemand, et le 5e de la Scuderia. « Il a même battu Fangio », s’extasiait Il Messagero de Rome, en référence au mythique pilote argentin, auteur de cinq victoires dans les années 50, en saluant un « Schumi au-delà de la légende ».
« L’Italie peut rêver éveillée : le “made in Italy” est le premier visage de notre sport national », ajoute le quotidien romain.
« Voilà l’Italie qui nous plaît », se flattait également La Stampa, journal appartenant au groupe Fiat à Turin, qui réunissait dans son éloge Schumacher, Ferrari, Valentino Rossi, triple champion du monde dans la catégorie reine (MotoGP) en vitesse motocycliste, et l’équipe nationale de football, qualifiée samedi pour l’Euro 2004 grâce à sa victoire (4-0) sur l’Azerbaïdjan.

« Prendre un Italien »
Face à ce nouveau triomphe de Schumacher et de Ferrari, les commentateurs italiens n’ont cependant rien perdu de leur mordant. « On voit bien qu’à Maranello (le siège de Ferrari près de Modène, dans le nord de l’Italie), ils ont quelque chose en plus, que les autres ne réussissent pas à avoir », écrit La Repubblica.
« Mais Schumi ou pas, même si c’est historique, cela commence à devenir ennuyeux », taquine le journal, tandis que le premier tirage italien, le Corriere della Sera, met Ferrari au défi d’embaucher un pilote italien « afin que cela ne soit plus un Allemand qui chante l’hymne national ».
« À bien y regarder, Ferrari n’est pas encore parfaite. Elle a un petit défaut et qui sait si nous réussirons un jour à l’effacer (...) Il lui reste un ultime défi, le plus fascinant et le plus beau : prendre un Italien, lui donner le volant et rapporter le titre à la maison », écrit ainsi le Corriere.
Et La Stampa de regretter que l’esprit d’équipe qui souffle chez Ferrari ne soit davantage présent en Italie : « Peut-être que notre pays serait différent si cela n’arrivait pas qu’à Maranello », souligne le journal.
Michael Schumacher (Ferrari) n’a cesse de le répéter, tenter une comparaison avec le mythique Juan Manuel Fangio, qu’il a dépassé dimanche au firmament de la Formule 1 en remportant un sixième titre mondial au Grand Prix du Japon, est chose impossible.Quelques heures après l’arrivée, dimanche à Suzuka, l’Allemand refusait une nouvelle fois, comme depuis de longs mois, d’être comparé à l’Argentin. « Il ne serait pas honnête de vouloir le faire, déclarait Schumacher. Ce qu’a réalisé Fangio dans les conditions de sécurité qui étaient celles de l’époque est tout simplement exceptionnel ». Tout comme le pilote de la Scuderia repoussait l’idée d’être devenu une légende vivante. « Il ne faut pas comparer Michael à Fangio, pas plus qu’à Prost ou à Senna », disait quant à lui Rubens Barrichello,...