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Mondial dames : déclin de l’empire américain, renaissance de l’Europe

L’échec des États-Unis, partis pour conquérir le monde une deuxième fois d’affilée, restera comme l’évènement majeur d’un Mondial 2003 de football féminin sans ambiance ni folie, marqué par la deuxième finale européenne de l’histoire et le triomphe de l’Allemagne En fait, la finale, à l’issue de laquelle la Suède s’est inclinée face à l’Allemagne au but en or (2-1), est un remake parfait de la finale de l’Euro 2001 et illustre cette renaissance de l’Europe, dont aucun représentant n’était monté sur le podium lors de l’édition 1999, organisée et remportée par les États-Unis. Mais en 2003, l’Allemagne, premier pays à s’adjuger les titres mondiaux féminin et masculin, a véritablement imprimé sa marque avec la meilleure attaque (25 buts, soit 4,17 par match), la meilleure buteuse et meilleure joueuse (Birgit Prinz) et la meilleure passeuse (Maren Meinert). À l’inverse, les Américaines ont craqué en demi-finale face à l’Allemagne (3-0), « dans le meilleur match de l’histoire du football féminin » selon les observateurs étrangers. Malgré le soutien du public, elles n’ont pas su capitaliser un début de compétition en fanfare, avec trois succès en poule dont un sur la Suède, onze buts marqués et un seul encaissé.
Les Américaines, qui n’ont perdu que deux matches en quatre éditions du Mondial dames, limitent certes la casse en terminant 3es, devant le Canada (3-1), mais vont devoir tourner la page de leur « génération dorée », à l’image du départ à la retraite de Mia Hamm.
Par ailleurs, l’ambiance, qui a présidé à « USA-2003 », au pays où le « soccer » féminin est censé être roi, s’est révélée bien décevante. Peut-être que l’annonce de la dissolution de la Ligue professionnelle américaine (WUSA), à cinq jours de l’ouverture de la compétition, a jeté un froid.
Cinquante-six joueuses du Mondial 2003, compétition transférée de Chine aux États-Unis à cause de l’épidémie de pneumonie atypique (SRAS), évoluaient dans la défunte WUSA et certaines se retrouvent au chômage.
Au niveau sportif, cette Coupe du monde version 2003 a été celle de l’expérience : fatale aux novices, propice aux favorites. Ces dernières étaient toutes aux rendez-vous des quarts de finale, avec ensuite des surprises comme la sortie des « magiciennes » brésiliennes en quarts de finale.
La France, la Corée du Sud et l’Argentine disputaient aux États-Unis leur premier Mondial. Toutes ont été sorties dès le premier tour. Des trois novices, la France s’en est le mieux tirée (1 victoire, 1 nul, 1 défaite) alors que les Sud-Coréennes et les Argentines ont explosé. Comme le décevant Nigeria (gr. A), champion d’Afrique, seule sélection à quitter la compétition sans même marquer un but (trois défaites, onze buts encaissés).
L’échec des États-Unis, partis pour conquérir le monde une deuxième fois d’affilée, restera comme l’évènement majeur d’un Mondial 2003 de football féminin sans ambiance ni folie, marqué par la deuxième finale européenne de l’histoire et le triomphe de l’Allemagne En fait, la finale, à l’issue de laquelle la Suède s’est inclinée face à l’Allemagne au but en or (2-1), est un remake parfait de la finale de l’Euro 2001 et illustre cette renaissance de l’Europe, dont aucun représentant n’était monté sur le podium lors de l’édition 1999, organisée et remportée par les États-Unis. Mais en 2003, l’Allemagne, premier pays à s’adjuger les titres mondiaux féminin et masculin, a véritablement imprimé sa marque avec la meilleure attaque (25 buts, soit 4,17 par match), la meilleure buteuse et...