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L’Union européenne se montre chiche dans sa contribution à la reconstruction

L’Union européenne s’est montrée chiche hier de ses deniers pour la reconstruction de l’Irak, un signe des divisions persistantes entre ses États membres sur la légitimité de l’occupation américano-britannique.
Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont prononcés pour une contribution de 200 millions d’euros lors de la conférence des donateurs qui se tiendra les 23 et 24 octobre à Madrid. C’est peu par rapport aux chiffres cités par les États-Unis, qui parlent en dizaines de milliards de dollars, et c’est bien moins que ce qu’espéraient les Britanniques et les Espagnols.
L’Union européenne, qui comptait présenter dans la capitale espagnole un chiffre global comprenant l’aide communautaire et les contributions nationales, devrait être très discrète. Hier, seul Jack Straw a annoncé une contribution nationale supplémentaire de 375 millions d’argent frais pour 2004-2005. Tous les autres ont soit explicitement, comme l’Allemagne, soit par leur silence fait savoir qu’il n’y avait pas à attendre de contribution nationale substantielle de leur part. Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, qui n’a pas encore décidé s’il se rendrait à Madrid alors qu’il s’agit d’une réunion au niveau ministériel, s’est par exemple contenté d’annoncer que la France participerait à la formation de policiers et de soldats irakiens lorsque la sécurité sera revenue et que l’Irak aura recouvré sa souveraineté. C’est dans ce domaine également que l’Allemagne compte agir.
La Suède, qui compte d’ordinaire parmi les principaux contributeurs, a fait savoir pour sa part qu’elle se contenterait de fournir une assistance humanitaire tant que le pouvoir n’aurait pas été remis à une instance irakienne ou à l’Onu.
Plusieurs raisons expliquent cette attitude attentiste. Les pays du « camp de la paix » n’ont pas l’intention de payer pour une guerre qu’ils n’ont pas voulue en période d’austérité budgétaire – l’UE a d’ailleurs rappelé dans un communiqué que 730 millions d’euros d’aide humanitaire ont déjà été débloqués. L’Irak, pays pétrolier, est en outre potentiellement riche et en mesure de financer sa propre reconstruction, à la différence de l’Afghanistan, puissamment aidé par les Européens. La multiplication des attentats contre les forces anglo-américaines et les autorités intérimaires irakiennes n’incite pas non plus les Européens à investir en Irak.
Mais ce sont surtout les divisions persistantes sur la gestion de l’après-guerre qui expliquent cet état de choses. Selon un diplomate qui a assisté à la réunion, l’Espagne et le Royaume-Uni ont peint un tableau extrêmement optimiste des améliorations constatées en Irak depuis la fin de la guerre. Et ils n’ont pas vraiment convaincu les pays qui, comme l’Allemagne et la France, appartenaient au camp de la paix. Même si ces pays ne conditionnent plus le déblocage de l’aide communautaire au vote d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, ils adoptent pour l’instant une attitude attentiste.
L’Union européenne s’est montrée chiche hier de ses deniers pour la reconstruction de l’Irak, un signe des divisions persistantes entre ses États membres sur la légitimité de l’occupation américano-britannique.Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont prononcés pour une contribution de 200 millions d’euros lors de la conférence des donateurs qui se tiendra les 23 et 24 octobre à Madrid. C’est peu par rapport aux chiffres cités par les États-Unis, qui parlent en dizaines de milliards de dollars, et c’est bien moins que ce qu’espéraient les Britanniques et les Espagnols.L’Union européenne, qui comptait présenter dans la capitale espagnole un chiffre global comprenant l’aide communautaire et les contributions nationales, devrait être très discrète. Hier, seul Jack Straw a annoncé une...