Quarante talibans se sont échappés dans la nuit de vendredi à samedi de la prison centrale de Kandahar, en plein centre-ville, a indiqué au cours d’une conférence de presse M. Pashtoun.
Tous ces détenus étaient emprisonnés pour leurs activités protalibans, leur participation à des opérations de guerre dans les rangs de la milice religieuse ou leur appartenance au mouvement islamiste Hezb-i Islami de l’ancien Premier ministre Gulbuddin Hekmatyar (aujourd’hui en fuite et recherché par les États-Unis comme terroriste). « Ce sont tous des criminels politiques », selon le chef des forces armées à Kandahar, le général Khan Mohammad.
Plusieurs responsables talibans figurent au nombre des évadés, dont Abdul Hadi, le frère de l’ancien ministre de la Défense du régime des talibans, mollah Obaidullah.
Les détenus ont creusé depuis leur cellule un tunnel de 30 mètres de long, d’un mètre de largeur et d’un mètre de hauteur, qui donnait en dehors de la prison. Les riverains n’ont absolument rien entendu ou remarqué d’anormal.
« L’évasion a nécessité vraisemblablement plus d’un mois de travail, et l’évacuation hors de la cellule de plusieurs tonnes de terre, l’équivalent du contenu de plus d’une dizaine de camions », a estimé le gouverneur.
« Pour cette raison, il est évident que les évadés ont bénéficié d’importantes complicités au sein de la prison », a-t-il souligné. Cinq gardiens ont également disparu depuis ce matin. Ils sont soupçonnés d’avoir pris part à cette évasion et de s’être enfuis avec les fugitifs.
Tous les prisonniers étaient sous la responsabilité des services de renseignements, qui étaient chargés de leur interrogatoire comme de leur surveillance, selon M. Pashtoun.
Plusieurs autres gardes de la prison, des membres de la direction et même des membres des services de renseignements sont actuellement entendus par la police. La prison, qui avait cessé depuis un mois d’être gérée par le ministère de l’Intérieur pour être placée sous l’autorité du ministère de la Justice, n’avait plus de directeur depuis lors, « ce qui a sûrement facilité l’évasion », a également expliqué le gouverneur de Kandahar.
Les forces de sécurité des districts voisins de la ville ont été mis en alerte. Les barrages policiers sur les routes à la sortie de la ville ont été renforcés. « Nous avons également demandé la coopération de l’armée américaine » (qui dispose d’une importante base sur l’aéroport de Kandahar), a indiqué M. Pashtoun.
Aucun des évadés n’a été jusqu’à présent retrouvé.

