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Gestion du dossier irakien : conflit au sein de l’Administration Bush

Les responsables de l’Administration Bush sont en conflit ouvert pour la gestion du dossier irakien comme l’illustre la récente passe d’armes entre Condoleezza Rice et Donald Rumsfeld. La création autour de « Condi » Rice, la conseillère du président George W. Bush pour la Sécurité nationale, d’un « Groupe de stabilisation pour l’Irak » a fait sortir de ses gonds le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld qui, à la tête du Pentagone, est en principe chargé de cette tâche.
Chose rare pour une administration qui se targue d’afficher une unité sans faille autour de son chef, la dispute a eu lieu par médias interposés. Mme Rice a informé le New York Times de cette décision et Donald Rumsfeld a affirmé au Financial Times qu’il n’en avait pas été tenu au courant. « L’Administration, qui voulait ne jamais être vue en train de ramer, rame maintenant à fond pendant que deux de ses capitaines se battent en public pour le gouvernail », a ironisé le New York Times.
L’épisode révèle la difficulté qu’éprouve George W. Bush à faire marcher du même pas ministres et conseillers, nombreux en matière de politique étrangère.
Le chef de la diplomatie est le secrétaire d’État, Colin Powell. Il apparaît aujourd’hui affaibli par son échec à rallier l’Onu à la cause américaine, tant pour déclencher la guerre contre l’Irak que pour aider maintenant à la reconstruction et la stabilisation de ce pays.
Donald Rumsfeld a mis au point la stratégie de guerre éclair et gère maintenant, par le biais de l’Administration provisoire de la coalition dirigée par Paul Bremer, la reconstruction de l’Irak. Après le succès militaire initial, le chef du Pentagone affronte les embûches de l’après-guerre avec des attentats quotidiens contre les troupes américaines et des infrastructures toujours en ruine, six mois après la chute de Bagdad. Pour redresser la barre, George W. Bush demande aujourd’hui à Condoleezza Rice d’intervenir. À la tête du Conseil de sécurité nationale (NSC), son rôle est de coordonner les différentes administrations chargées de la politique étrangère et de la sécurité du pays. Cette femme de 48 ans est très proche du président Bush, 57 ans, qu’elle ne quitte pas d’une semelle même quand il passe ses vacances en famille à Crawford, dans son ranch texan.
Donald Rumsfeld, 71 ans, et Colin Powell, 66 ans, se côtoient depuis plusieurs décennies au sein des différentes administrations républicaines. Leurs relations depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis sont toutefois souvent orageuses, à en croire le livre Bush en guerre, publié l’an dernier par le journaliste Bob Woodward.
Le secrétaire d’État est un ami de longue date de Condoleezza Rice. Ils ont travaillé ensemble sous la présidence de George Bush, le père de l’actuel président, au début des années 90, alors qu’elle était au NSC comme spécialiste de la Russie et que lui était chef d’état-major interarmées.
Donald Rumsfeld a aussi son allié dans la place avec le vice-président Richard Cheney, 62 ans, dont l’influence a été déterminante pour lancer la guerre contre l’Irak. Si George W. Bush reçoit à la Maison-Blanche régulièrement MM. Rumsfeld et Powell, il déjeune au moins une fois par semaine en tête à tête avec son vice-président.
En tant que simple conseillère du président, Condoleezza Rice a le désavantage de n’avoir aucun pouvoir budgétaire. Cela vient de lui être rappelé par la Chambre des représentants lors de l’adoption d’un collectif budgétaire de près de 87 milliards de dollars pour financer les opérations en Irak.
Cela risque de la gêner alors que, selon la Maison-Blanche, le rôle de son groupe est précisément « d’aider le Pentagone et l’autorité provisoire de la coalition à trouver la meilleure utilisation pour ces fonds ».
Les responsables de l’Administration Bush sont en conflit ouvert pour la gestion du dossier irakien comme l’illustre la récente passe d’armes entre Condoleezza Rice et Donald Rumsfeld. La création autour de « Condi » Rice, la conseillère du président George W. Bush pour la Sécurité nationale, d’un « Groupe de stabilisation pour l’Irak » a fait sortir de ses gonds le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld qui, à la tête du Pentagone, est en principe chargé de cette tâche.Chose rare pour une administration qui se targue d’afficher une unité sans faille autour de son chef, la dispute a eu lieu par médias interposés. Mme Rice a informé le New York Times de cette décision et Donald Rumsfeld a affirmé au Financial Times qu’il n’en avait pas été tenu au courant. « L’Administration, qui voulait ne...