« C’est un très grand défi qui se présente à nous. Mais les joueurs ont très bien travaillé cette semaine à l’entraînement et seront concentrés et motivés », a assuré hier Sven-Goran Eriksson, le sélectionneur suédois de l’équipe anglaise, lors de sa dernière conférence de presse.
Souriant et courtois, Eriksson a cependant refusé de répondre aux questions sur la fronde des joueurs, qui ont menacé cette semaine de ne pas disputer le match, et sur son avenir à la tête de la sélection.
« Les joueurs se sont rassemblés sur eux-mêmes, ils sont très proches les uns des autres », a encore indiqué Eriksson.
Menés notamment par David Beckham et Gary Neville, les joueurs anglais ont menacé mercredi de boycotter le match en signe de protestation contre la décision de leur fédération de sanctionner Rio Ferdinand pour ne pas s’être soumis à un contrôle antidopage inopiné en septembre.
La situation s’est apaisée après que Ferdinand eut lui-même demandé à ses partenaires de disputer ce match « capital ».
« Nous sommes fiers de porter le maillot anglais et nous serons prêts samedi, a assuré le capitaine anglais David Beckham. Il faut oublier ce qui s’est passé en dehors du terrain et ne penser qu’à ce match décisif. »
Duo Heskey-Rooney
Mais sur fond d’affaires de viol qui secouent le milieu professionnel et de problèmes de discipline, le football anglais est en plein malaise. Une défaite face aux Turcs n’arrangerait pas les choses, même si l’Angleterre aurait encore l’occasion de se qualifier pour l’Euro via des barrages à haut risque.
Une contre-performance pourrait également relancer les rumeurs d’un départ d’Eriksson pour Chelsea. La presse suédoise annonçait du reste hier que l’ex-entraîneur de la Lazio Rome avait déjà signé un précontrat avec le club londonien.
Privé de Michael Owen (Liverpool), son meilleur buteur (24 buts en 53 sélection), blessé à un tibia, Eriksson devrait aligner un duo d’attaquants inédit composé de Émile Heskey (Liverpool) et du jeune Wayne Rooney (Everton).
Auteur d’un excellent match lors de la victoire contre la Turquie (2-0), à l’aller en avril, Rooney, qui fêtera ses 18 ans le 24 octobre, était devenu le plus jeune buteur en équipe d’Angleterre lors du succès (2-1) en Macédoine, le 6 septembre.
En défense centrale, pour remplacer Ferdinand, Eriksson devrait associer Sol Campbell (Arsenal) à John Terry (Chelsea).
« J’ai beaucoup, beaucoup de respect pour l’équipe turque (...), il ne faut pas les sous-estimer », a prévenu Eriksson, même si la Turquie, 3e du dernier Mondial, n’a jamais battu l’Angleterre.
Mais aujourd’hui, les Turcs n’ont pas le choix. « Tout ce qui nous préoccupe est de disputer le match et de le gagner. Les Anglais ont leurs problèmes, nous les connaissons, mais nous avons d’autres préoccupations », a expliqué l’entraîneur Senol Gunes, qui espère pouvoir compter sur son attaquant vedette Hakan Sukur. Le week-end dernier, en championnat, le joueur de Galatasaray est sorti du terrain en boitillant, touché au genou droit. Il a toutefois promis de faire tout son possible afin « d’être apte pour le match ».

