Rendant compte au Parlement européen de la situation au Proche-Orient, il a estimé qu’il y avait actuellement un réel danger que la crise israélo-palestinienne dégénère en conflit régional. « La gravité de la situation ne peut être occultée, cela devient de plus en plus difficile », a souligné le diplomate espagnol.
Tout en rappelant que « le gouvernement israélien a non seulement le droit mais aussi le devoir de prendre des mesures pour protéger ses citoyens contre le terrorisme », Solana a estimé que « l’efficacité de cette lutte dépendait du respect du droit international ».
Dans une région aussi volatile que le Proche-Orient, il est essentiel que les États agissent en vue de réduire les tensions et non pas de les alimenter, a-t-il dit, faisant allusion au raid aérien israélien de dimanche contre un camp palestinien en Syrie.
« Israël doit mettre fin à sa politique de colonisation, à la construction d’un mur de séparation qui mord sur des territoires au-delà des lignes de 1967, à sa politique d’assassinats ciblés et à d’autres initiatives contraires au droit international », a souligné Solana. M. Solana a en outre appelé le gouvernement américain à ne pas se désengager du Proche-Orient à l’approche de la campagne présidentielle pour la réélection de George W. Bush à la Maison-Blanche.
Déplorant la nouvelle flambée de violence des derniers jours dans la région, le haut représentant européen a estimé que les semaines à venir seraient « décisives » pour l’avenir du processus, et a appelé Israéliens et Palestiniens à l’apaisement des tensions.
« Nous ne devons pas laisser la clé des négociations entre les mains des terroristes, nous devons assurer que la spirale de violence soit brisée », a-t-il ajouté.
« Il y a un large consensus (...) sur le fait qu’il serait dommageable d’augmenter un peu plus la tension dans la région, en l’élargissant éventuellement à la Syrie et au Liban », a poursuivi M. Solana, critiquant implicitement le raid effectué le week-end dernier par Israël contre une base du Jihad islamique en Syrie.
Plusieurs intervenants dans le débat au Parlement européen ont comparé la clôture de sécurité construite par Israël pour tenter de se préserver des attentats palestiniens à un autre mur de Berlin ou au rideau de fer qui a divisé l’Europe durant la guerre froide.
« De la grande muraille de Chine au mur de Berlin, ce type de barrières s’est toujours avéré totalement inutile », a ainsi déclaré Enrique Baron, chef de file du groupe parlementaire socialiste et ancien président de l’Assemblée.
Le conservateur allemand Hans-Gert Pöttering, chef du premier groupe parlementaire du Parlement européen, a souligné pour sa part que la construction de ce « mur » engendrerait « plus de haine et de désespoir » et il a prôné l’envoi sur place d’une force internationale d’interposition.
Mais le commissaire européen Mario Monti, parlant au nom de la commission, a décrété irréaliste cette proposition – soutenue par les Palestiniens – parce qu’Israël était résolument hostile à une implication internationale dans ce conflit.

