M. Kumar Gunaratna, chercheur sri lankais à l’Université Saint-Andrews (Écosse) et considéré comme un des meilleurs spécialistes du réseau dirigé par le milliardaire d’origine saoudienne Oussama Ben Laden, estime par ailleurs que « le noyau d’el-Qaëda est “intact” et que ses effectifs tournent aujourd’hui autour d’un millier d’hommes ».
Il souligne que pour cette mouvance le Maroc « doit devenir un État islamique. Souvenez-vous, ajoute-t-il, que le Maroc figurait – avec l’Arabie saoudite, la Jordanie, le Nigeria, le Pakistan et le Yémen – sur la liste des pays “apostats” cités dans une cassette audio diffusée en février, dans laquelle Ben Laden demandait aux musulmans de ces pays de “se mobiliser pour se libérer des régimes asservis par l’Amérique” ». D’une manière générale, le chercheur estime que « l’infrastructure opérationnelle d’el-Qaëda au Pakistan a subi un coup très dur, au point d’être pratiquement détruite. Mais les autres responsables régionaux, en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient, sont toujours en activité », ajoute-t-il.
Résultats à court terme
Rohan Kumar Gunaratna estime par ailleurs à propos de la « guerre au terrorisme », menée depuis l’automne 2001 par les États-Unis et leurs alliés, qu’elle a « donné quelques résultats, mais uniquement à court terme. La mouvance islamique, qui constitue à travers le monde le terreau du groupe de Ben Laden, est puissante. El-Qaëda n’a aucun mal à y recruter pour compenser ses pertes humaines et matérielles, reconstituer ses forces à moyen terme et continuer son combat. D’autant que – j’insiste sur ce point – le noyau dirigeant du groupe est intact », dit-il.


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