Dans des registres différents, les Portugais et les Écossais ont effectué des parcours très semblables, ce qui fait dire à Martin O’Neill, l’entraîneur irlandais de Glasgow, que « cette finale s’annonce très équilibrée ».
Le Celtic a déjà disputé deux finales de Coupe des champions (1967 et 70), remportant une victoire à sensation en 1967 contre l’Inter Milan, mettant fin à cette occasion à la mainmise italienne sur le football européen. Depuis, le Celtic s’est contenté de truster les titres en Écosse avec un total de 81 trophées, soit 38 championnats, 31 Coupes et 12 Coupes de la Ligue. L’arrivée de O’Neill, au parcours pourtant aussi modeste comme joueur que comme entraîneur, a cependant donné un véritable coup de fouet à l’institution catholique et notamment au buteur suédois Henrik Larsson. Après une grave blessure, Larsson s’est relancé en 2001 en marquant 53 buts dans la saison, dont 35 en championnat.
Cette année, il est le meilleur buteur de la Coupe de l’UEFA (9 buts), à égalité avec le Brésilien Derlei de Porto, après avoir marqué à tous les matches sauf contre Stuttgart. Pourtant le Celtic, qui jouera dimanche un match décisif en championnat d’Écosse où il est au coude à coude avec son éternel rival, les Glasgow Rangers, devra se passer de son autre buteur, le Gallois John Hartson, blessé.
La talonnade de Madjer
Porto, quant à lui, est déjà assuré du titre portugais et n’a aucune pression. Tous les amoureux du football ont encore en mémoire la géniale talonnade de l’Algérien Rabah Madjer en 1987 en finale de C1 contre le Bayern Munich (2-1). Depuis, et même s’il a pris le relais du prestigieux Benfica au Portugal en remportant huit titres dont cinq consécutifs dans les années 90, Porto a toujours échoué d’un rien au plus haut niveau européen.
Cette saison, le jeune entraîneur Jose Mourinho, 40 ans, a su bâtir une équipe équilibrée dans toutes ses lignes avec à la baguette l’étonnant Anderson Luis de Souza, alias Deco, 25 ans et d’origine brésilienne, également redoutable tireur de coup franc, que Luiz Felipe Scolari, entraîneur du Portugal, a réussi à faire naturaliser.
Poro favori
Mourinho pourra également compter sur le Lituanien Edgaras Jankauskas ou sur l’ancien international Nuno Capucho. « Nous avons fait naître un rêve chez nos supporteurs en atteignant la finale », explique Mourinho. « Une finale est une finale et tout peut arriver, mais nous pensons que quelque chose de positif peut nous arriver. »
« Nous avons joué contre de très bonnes équipes pour arriver en finale et avons très bien joué, nous devons donc être confiants », assure de son côté le défenseur du Celtic, Bobo Balde, qui ajoute « c’est une finale de Coupe et nous pouvons battre Porto. »
Malgré l’absence de leur attaquant Helder Postiga, exclu en demi-finale contre la Lazio Rome, Porto partira tout de même avec les faveurs du pronostic, ne serait-ce qu’en raison de la chaleur étouffante (34 degrés) qui risque de couper les jambes aux Écossais. Cela n’est pas le cas pour les plus de 30 000 supporteurs écossais qui écument déjà depuis deux jours tous les débits de boisson de Séville où plusieurs records sont en passe d’être battus.
Équipes probables :
Celtic : 20-Robert Douglas; 5-Joos Valgaeren, 6-Bobo Balde, 35-Johann Mjallby, 17-Didier Agathe, 18-Neil Lennon, 14-Paul Lambert, 19-Stilian Petrov, 8-Alan Thompson, 29-Shaun Maloney ou 9-Chris Sutton, 7-Henrik Larsson.
FC Porto : 99-Vitor Baia; 22-Paulo Ferreira, 2-Jorge Costa, 4-Ricardo Carvalho, 8-Nuno Valente; 6-Francisco Costinha, 15-Dmitri Alenitchev, 10-Deco Souza, 18-Maniche Ribeiro; 9-Edgaras Jankauskas; 11-Derlei Silva.
Arbitre : Lubos Michel (Slovaquie).

