« Il faut que nous prenions les choses en main », a déclaré le directeur technique de la Scuderia, Ross Brawn. « Ce n’est pas comme l’année dernière, nous sommes face à un défi plus difficile cette saison. »
Alors que Ferrari est repassé en tête pour un point devant les Flèches d’Argent au classement des constructeurs, le Finlandais Kimi Raikkönen est toujours leader du classement des pilotes avec deux longueurs d’avance sur Schumacher.
L’année dernière à la même époque, le Baron rouge s’était déjà envolé et possédait 27 points de plus que son second avec cinq victoires en six courses. Monaco, où il est toujours très délicat de dépasser, pointe à l’horizon. Et l’année dernière, c’est l’Écossais David Coulthard qui s’était imposé avec une monoplace bien plus lente que celle de Schumacher.
Creuser un écart
La stratégie, en raison du nouveau format de qualifications, sera la clef. « Monaco est une course plus ouverte. Je ne pense pas que tout y soit prévisible. Même si vous avez la voiture la plus rapide, vous n’êtes pas certain de gagner la course », confirme Brawn. « Ce sera un gros défi. Nous avions perdu l’année dernière alors que nous avions les monoplaces les plus rapides. Peut-être que les nouvelles règles nous donnerons une occasion de nous rattraper. Je pense qu’il nous sera possible de faire mieux cette année.» Si Ferrari a gagné ses deux premières courses avec la F2003-GA, il lui reste à créer un écart avec McLaren-Mercedes avant que l’écurie britannique ne lance sa nouvelle monoplace, la MP14-18.
Kimi fait de la résistance
La belle avance de Kimi Raikkonen en tête du championnat du monde de Formule 1 a fondu un peu plus ce week-end, comme la neige encore présente la semaine dernière sur les monts de Styrie au-dessus de Spielberg. Certes, bien que battu par Michael Schumacher au Grand Prix d’Autriche sur le A1 Ring, le Finlandais se consolait en consultant le classement. C’est encore lui qui en occupait la première place devant l’Allemand. Toutefois, de seize points au soir du GP du Brésil, son avance n’était plus que de deux unités. Depuis le retour en Europe, au GP de Saint-Marin à Imola, la dernière apparition de la F2002, Schumacher et Ferrari ne cessent de gagner. Victoires que l’arrivée de la F2003 facilite certainement.
« Pole », meilleur tour et victoire, l’Allemand rafle tout depuis que la F2003 GA a effectué ses débuts en compétition à Barcelone. Et si la concurrence ne paraît pas trop distancée, elle le doit surtout au manufacturier de pneumatiques Michelin.
« Je suis un peu déçu de ne pas avoir gagné, disait Raikkonen. Quand il a commencé à pleuvoir, je pense que les Michelin étaient un peu supérieurs aux Bridgestone. Dans ces conditions, nous étions capables d’aller un peu plus vite que les Ferrari. Mais ce n’était pas suffisant. »
Seul espoir
Si Raikkonen fait de la résistance, repousse l’échéance de la prise de pouvoir de Schumacher, chez les constructeurs, McLaren-Mercedes n’a pas pu empêcher Ferrari de reprendre la main, la Scuderia menant aujourd’hui d’un point.
Au rythme de la F2003 GA de Schumacher, la situation risque de s’aggraver rapidement pour les rivaux de la Scuderia. Si l’espoir subsiste pour Monaco dans deux semaines, Renault et Fernando Alonso pouvant réussir un formidable banco en Principauté, les Grands Prix suivants s’annoncent délicats, très délicats pour la concurrence.
Williams-BMW en prise à de grosses difficultés, un avis de tempête étant même prévu à Grove, siège de l’écurie anglo-allemande, le seul espoir pour contrecarrer Ferrari, contester la domination des « rouges » et de Schumacher, semble bien résider dans la seule nouvelle MP4-18.
Fiers de la Rossa
Cette McLaren-Mercedes débutera en essais pour trois jours à partir de demain au circuit Paul-Ricard du Castellet. « Toute l’équipe attend les premiers tours de roue de la MP4-18 », déclarait Ron Dennis, son patron. Avec impatience aurait-il pu ajouter. À moins d’une compétitivité et d’une fiabilité sans failles, cette création d’Adrian Newey ne devrait toutefois pas débuter en compétition avant le GP d’Europe, fin juin au Nurburgring.
En attendant cette échéance, en espérant qu’elle répondra aux aspirations de ses concepteurs, des pilotes, David Coulthard et Kimi Raikkonen surtout, Schumacher et Ferrari risquent de poursuivre leur chevauchée victorieuse.
Et si jamais la MP4-18 devait ne pas être la « flèche d’argent » espérée, alors le quintuple champion du monde et la F2003 GA feraient à nouveau peser la menace d’un cavalier seul, d’un morne été pour la F1, comme l’an passé.
Une année 2002 que les spectateurs avaient oubliée à Spielberg. Les pouces baissés et les sifflets de 2002 avaient laissé place aux « bravos », aux drapeaux « Ferrari » agités frénétiquement par des tifosi redevenus fiers de la « rossa » et de son baron rouge plus impérial que jamais dans le « feu de la course » autrichienne.

