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Guerre des nerfs le long d’une frontière tranquille

Trente ans jour pour jour après la guerre d’Octobre, Syriens et Israéliens ne ratent guère d’occasion de se dire leur hostilité, mais leur frontière reste l’une des plus tranquilles du monde. Cette situation de ni guerre ni paix entre les deux voisins n’a pas empêché des affrontements militaires directs, mais sur d’autres terrains comme le Liban où la Syrie maintient une présence militaire depuis 1976. Ce statu quo a été rompu dimanche, la veille du 6 octobre, journée que la Syrie continue de commémorer comme marquant le début de la quatrième guerre israélo-arabe. Cette guerre avait pour la première fois donné l’avantage militaire initial aux armées arabes avant qu’Israël ne renverse la situation.
De fait, ce lundi est jour férié en Syrie et tous les établissements officiels sont fermés. Radio et télévision diffusent des chants patriotiques. La nouvelle du raid israélien sur la Syrie dans la nuit de samedi à dimanche a certes suscité des commentaires dans les rues de Damas, pour surtout dénoncer les États-Unis, « nouvelle divinité qu’il faut aujourd’hui adorer », comme le dit Salma, une femme de ménage chrétienne. Mais comme pour souligner la prééminence de la commémoration du souvenir du 6 octobre sur le raid israélien – le premier d’une telle ampleur et si loin à l’intérieur de la Syrie depuis 1974 – l’aviation syrienne est apparue dans le ciel de Damas. Cette démonstration rappelle que malgré la gravité de « l’agression » de dimanche, le statu quo est pour l’heure toujours en vigueur de part et d’autre de la frontière syro-israélienne.
Ce cessez-le-feu a été instauré après la signature le 31 mai 1974 de l’accord de désengagement des forces sur le Golan, obtenu par le secrétaire d’État américain de l’époque Henry Kissinger. Un responsable syrien s’est d’ailleurs targué hier du fait que la Syrie ait « respecté durant trente ans l’accord sur le désengagement ». Dans le passé, des responsables israéliens ont aussi mis souvent en avant le fait que la frontière entre les deux pays était une des plus calmes du monde. La Syrie et Israël ont même été très proches de faire la paix, avant que les négociations sous l’égide des États-Unis n’échouent à Genève en mars 2000, ravivant leur vieille hostilité.
S’il constitue un précédent dangereux, le raid de l’aviation israélienne contre une cible près de Damas ne constitue pas au sens strict un casus belli, estiment les experts. En effet, l’opération n’a pas visé des installations militaires syriennes, et la chasse israélienne n’a pas attaqué la Syrie de front, mais en survolant d’abord le Liban avant de pénétrer en territoire syrien. De source syrienne au Liban, le raid a visé un camp d’entraînement « abandonné » appartenant au mouvement palestinien FPLP-CG et enchâssé dans une vallée dans les hauteurs entourant Damas. Ce mouvement peu actif figure sur la liste des organisations palestiniennes qualifiées de « terroristes » par Washington, au même titre que le Hamas et le Jihad islamique.
L’opération de dimanche est la plus importante depuis 2001 lorsque l’aviation israélienne avait attaqué à deux reprises des positions syriennes au Liban. Lors de son invasion du pays du Cèdre en 1982, Israël avait détruit les bases de missiles syriennes installées dans la vallée de la Békaa.
Mais quoi qu’il en soit, à l’instar de nombreux pays arabes, la Syrie n’a plus aujourd’hui les moyens d’affronter Israël, un pays soutenu par la plus grande puissance du monde. Malgré sa puissance de feu, l’armée syrienne, forte de quelque 300 000 hommes, manque cruellement de moyens et d’entraînement. Selon le Centre d’études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies) à Washington, les livraisons d’armement à la Syrie entre 1994 et 2001 sont montées à 700 millions de dollars contre 4,7 milliards pour Israël.
Trente ans jour pour jour après la guerre d’Octobre, Syriens et Israéliens ne ratent guère d’occasion de se dire leur hostilité, mais leur frontière reste l’une des plus tranquilles du monde. Cette situation de ni guerre ni paix entre les deux voisins n’a pas empêché des affrontements militaires directs, mais sur d’autres terrains comme le Liban où la Syrie maintient une présence militaire depuis 1976. Ce statu quo a été rompu dimanche, la veille du 6 octobre, journée que la Syrie continue de commémorer comme marquant le début de la quatrième guerre israélo-arabe. Cette guerre avait pour la première fois donné l’avantage militaire initial aux armées arabes avant qu’Israël ne renverse la situation.De fait, ce lundi est jour férié en Syrie et tous les établissements officiels sont fermés. Radio et...