Après des semaines de négociations, la réconciliation a été annoncée par un communiqué commun, samedi. Les deux parties « se sont entendues sur un contrat de longue durée », y est-il dit, sans aucune précision sur l’échéance de cette nouvelle collaboration. Le seul vainqueur allemand du Tour de France, en 1997, a réussi à imposer au manageur de Telekom, l’ancien champion belge Walter Godefroot, d’engager les Allemands Andre Korff et Tobias Steinhauser, ses coéquipiers de Bianchi, l’équipe qui l’a accueilli au printemps 2003, ainsi que son mécanicien et frère Stephan, et sa physiothérapeute.
En revanche, les négociations ont longtemps achoppé sur le sort de Rudy Pevenage. Le Belge, ancien directeur sportif de Telekom, est devenu persona non grata dans l’équipe allemande pour avoir suivi Ullrich lors de son départ, en septembre 2002, après sa suspension pour dopage. Depuis, Godefroot ne voulait pas entendre parler d’un retour qui aurait signifié sa propre perte d’influence.
Jan Ullrich a donc proposé à Rudy Pevenage, son mentor depuis sept ans, de devenir son conseiller privé, Telekom refusant tout contrat officiel au Belge. « J’espère qu’il acceptera, précise Ullrich dans le même communiqué. Rudy est resté à mes côtés même dans les moments où personne ne croyait en moi. »
Considérations sportives
« Ce sont des considérations sportives qui ont emporté ma décision », poursuit le champion olympique sur route des JO de Sydney (2000) qui était également en pourparlers avec des équipes espagnoles, notamment i-banesto et la future formation bâtie sur les cendres de la ONCE. « Avec T-Mobile, j’aurai des conditions idéales pour atteindre mes objectifs. » Deuxième du Tour de France 2003 et vainqueur de la 12e étape, un contre-la-montre individuel de 47 km couru sous la canicule entre Gaillac et Cap’Découverte où il domina l’Américain Lance Armstrong, qui remporta finalement sa cinquième Grande Boucle, Ullrich avait souffert de l’absence à ses côtés d’une équipe robuste. D’après le quotidien populaire Bild qui avait annoncé le transfert dès samedi matin, le salaire d’Ullrich pourrait atteindre 2,5 millions d’euros par saison. Embauché par Telekom lors de ses débuts chez les professionnels en 1995, le natif de Rostock, dans l’ex-RDA, a connu quasiment tous ses succès sous ce maillot : 2e du Tour de France 1996 derrière son coéquipier danois Bjarne Riis, vainqueur en 1997, il est à nouveau 2e en 1998, 2000 et 2001. Absent en 1999 et 2002, il s’est classé pour la cinquième fois deuxième de la Grande Boucle, cet été, en six participations. Double champion du monde du contre-la-montre (en 1999 et 2001) et vainqueur de la Vuelta en 1999, il est aussi champion olympique sur route en 2000 à Sydney.
« Rejoindre T-Mobile, ce n’est pas revenir chez Telekom. Ce n’est plus l’équipe que j’ai laissée en 2002 », affirme Ullrich qui retrouvera dès janvier des coéquipiers – et concurrents – de haut niveau tels que le Kazakh Alexander Vinokourov, 3e du Tour 2003, Paolo Savoldelli, vainqueur du Giro 2002, ou Santiago Botero, champion du monde en titre du contre-la-montre.
Et Jan Ullrich de défier Lance Armstrong, quintuple lauréat du Tour : « Je me réjouis de mes nouveaux coéquipiers. Ensemble nous attaquerons Lance Armstrong l’an prochain. T-Mobile est assez fort pour remporter le Tour. »

